Après un nouveau massacre survenu au Soudan du Sud dans la nuit du samedi 28 février au dimanche 1er mars, l’ONU a exprimé son inquiétude. Les autorités rapportent qu’au moins 169 personnes ont été tuées, mais que ce bilan était encore provisoire. « Les gens ont fui dans toutes les directions, si bien que nous allons sans doute encore retrouver des blessés et d’autres corps », a confié à RFI le ministre de l’Information du gouvernement local, James Monyluak. Il a ajouté que l’attaque avait été menée par un « très grand nombre » de jeunes de l’ethnie nuer armés originaires du comté de Mayom, certains vêtus d’uniformes militaires, ont pris d’assaut Abiemnhom. Les raisons de cet assaut sont inconnues, mais les autorités locales évoquent des affrontements intercommunautaires.
Les combats entre les partisans du chef de l’État et ceux de l’opposant Riek Machar se sont intensifiés malgré l’accord de paix que l’un et l’autre ont signé en 2018 pour mettre fin à la guerre civile démarrée en 2013. « Nous sommes très inquiets : le pays est dans une situation fragile où les tensions politiques se traduisent par une insécurité sur le terrain, ce qui est très préoccupant pour l’avenir du Soudan du Sud », a affirmé Priyanka Chowdhury, porte-parole des casques bleus de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss). Elle a demandé aux parties de cesser les hostilités et d’engager un dialogue constructif.
L’état d’urgence avait été déclaré au Soudan du Sud en juin 2025
Selon une source diplomatique à l’AFP citée par Le Monde, les jeunes Nuers à l’origine de ce massacre se seraient vengés du meurtre de certains des leurs dans un marché du comté d’Abiemnhom, dans la région de Ruweng. Selon cette source, les assaillants ne sont pas proches du parti d’opposition de Riek Machar. De son côté, Nyakenya Johannes Keah, le ministre de l’Information de l’État d’Unité, a démenti que les assaillants venaient de son territoire. En juin 2025, le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, avait décrété l’état d’urgence dans plusieurs régions après une flambée de violences intercommunautaires qui avaient, selon l’ONU, fait des centaines de morts en quelques mois.
Lundi 2 mars, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a déploré avoir perdu le contact avec 26 employés dans l’État de Jonglei (centre-est) dans lequel au moins 280 000 personnes ont été déplacées, selon l’ONU. L’ONU s’inquiète d’un risque de « reprise de la guerre civile généralisée » au Soudan du Sud. Au mois de janvier, 189 civils tués ont été recensés, ainsi que plusieurs violations des droits humains. Un conflit entre les partisans de Salva Kiir et de Riek Machar avait fait environ 400 000 morts et 4 millions de déplacés de 2013 à 2018.

