Le régime des mollahs pourrait-il chuter en Iran ? S’il est encore bien trop tôt pour le dire, la résurgence des manifestations dans la République islamique, plus de trois ans après les mouvements de protestation qui ont suivi le décès de Masha Amini, fait date dans l’histoire sociale du pays. Selon de nombreux experts et témoins, les manifestations antigouvernementales ont atteint un niveau jamais vu au cours des 47 ans d’histoire du pays, rapporte la BBC. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), située en Norvège, 483 manifestants dont huit mineurs seraient morts, vraisemblablement tués par la police du pays, rapporte Le Monde.

En effet, alors que le gouvernement a coupé internet, des informations et des images parviennent tout de même à sortir du pays. Mais alors que la population descend dans la rue contre la vie chère et la répression politique menée par le régime, Donald Trump en a profité pour poursuivre ses ingérences et a menacé de frapper le pays « très fort où ça fait mal » sans non plus fermer la porte à des négociations. Poursuivant son œuvre de déstabilisation, le président des États-Unis ne cache pas son intention de faire basculer le régime et de mettre le descendant du dernier chah d’Iran au pouvoir.

Instrumentalisation des soulèvements par Donald Trump

De son côté, prenant appui sur les déclarations de Trump, l’ayatollah Ali Khamenei a comparé Donald Trump aux « tyrans et aux arrogants de ce monde » et affirme qu’il « sera renversé ». Il a également indiqué que les manifestants opéraient une déstabilisation du pays au service de l’impérialisme des États-Unis relayé par Israël. Des contre-manifestations en soutien au régime ont été organisées dans plusieurs villes du pays. De son côté, la Chine a appelé à la mesure et à la stabilité en Iran. « La Chine espère que le gouvernement et le peuple iraniens pourront surmonter les difficultés actuelles et maintenir la stabilité du pays », a-t-elle dit en appelant « toutes les parties à œuvrer davantage en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».

Cité par la BBC, la chercheuse en sociologie Eli Khorsandfar témoigne : « Le mouvement de 2022 a commencé avec la question des femmes. Mais d’autres griefs s’y sont également reflétés… Les manifestations de décembre 2025 ont commencé avec des questions qui semblaient être d’ordre économique et, en très peu de temps, elles ont fini par véhiculer des messages communs » , explique-t-elle. Selon la chercheuse, qui a pu s’entretenir avec des femmes qui sont descendues dans les rues du pays, beaucoup lui ont dit que leur plus grande réussite avait été de se débarrasser de leur peur d’un État répressif. Si certains veulent croire au retour de la monarchie, rien n’indique que la population soit majoritairement favorable à cette alternative.