C’était l’une des annonces les plus marquantes de Donald Trump. De retour à la Maison Blanche le 20 janvier 2025, le président des États-Unis a suspendu les activités de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et a annoncé le gel de 83% de ses programmes. Un an après cette décision, des milliers de programmes humanitaires ont été arrêtés. Les conséquences sont tangibles dans plusieurs pays, notamment dans la lutte contre le sida, mais aussi contre le paludisme. Dans de nombreux pays d’Afrique, cette maladie transmise par les moustiques est la première cause de mortalité infantile et le premier motif de consultation dans les centres de santé, relève Le Monde. En Guinée, les autorités procèdent tous les trois ans à une distribution de moustiquaires dans le pays. Sur les huit millions de protections prévues pour l’année 2025, deux millions ne sont pas arrivées à cause de la décision de Donald Trump.

L’arrêt de l’USAID met fin à des projets financés par l’agence, à hauteur de 72 millions de dollars (61 millions d’euros) en 2024, contre 23 millions de dollars (20 millions d’euros) en 2025. En Guinée, les aides américaines avaient permis de recruter environ 500 agents pour sensibiliser les populations, détecter et prendre en charge les malades dans les zones reculées. « Avec l’arrêt de l’USAID, ils ont perdu leur emploi et ont donc stoppé leur activité, pourtant essentielle », alerte Luc Innocent Touré, coordinateur de programmes pour l’ONG Comité jeunes mon avenir d’abord. Le Réseau national des associations contre le paludisme dit avoir observé en 2025 une hausse de sa prévalence dans les régions qui étaient couvertes jusque-là par des projets financés par l’USAID.

Plus de 750 000 décès déjà liés aux coupes à l’USAID ?

Les États-Unis contribuaient à plus de 40% de l’aide internationale. Selon le site Impact Counter, créé par des chercheurs de l’université de Boston pour évaluer les impacts de programmes sociaux ou humanitaires, les coupes à l’USAID auraient causé plus de 750 000 décès, dont 500 000 chez des enfants. Plus de 70 000 de ces décès sont liés au paludisme, 48 000 à la tuberculose, et 170 000 au VIH, détaille Le Figaro. Si l’administration Trump assure qu’elle maintient certains financements jugés les plus cruciaux, les coupes dans les financements américains ont des effets multiples.

« Les financements de l’USAID étaient un peu comme un iceberg », explique Sarah Shaw, de l’ONG MSI, qui promeut la santé sexuelle dans de nombreux pays, notamment africains. Avec l’arrêt de cette aide américaine, des financements destinés aux infrastructures ont aussi disparu. Selon des estimations de l’institut de santé mondial (ISGlobal) dévoilées en novembre 2025, plus de 22 millions de décès évitables pourraient être liés d’ici à 2030 aux coupes financières des pays développés. En juillet 2025, une projection publiée dans la revue scientifique américaine The Lancet alertait déjà sur le fait que les coupes dans le budget de l’USAID pourraient entraîner la mort de 14 millions de personnes supplémentaires d’ici à 2030.