Nicolas Maduro, dirigeant du Venezuela depuis 2013, a été capturé par l’armée américaine samedi 3 janvier. Il a ensuite été incarcéré à New York et doit désormais comparaître devant un juge de New York lundi 5 janvier. Il doit notamment répondre de « narcoterrorisme » et « importation de cocaïne ». Lors d’une conférence de presse, le président des États-Unis, Donald Trump, a insisté sur le trafic de drogue comme facteur déterminant de l’intervention américaine. Il a accusé Nicolas Maduro de mener « une campagne de narcoterrorisme meurtrier contre les États-Unis et leurs citoyens ». En 2020, lors du premier mandat de Donald Trump, un premier acte d’accusation avait été émis contre le dirigeant vénézuélien, a indiqué franceinfo. Il a été mis à jour et inclut maintenant six personnes, dont l’épouse du chef d’État vénézuélien, Cilia Flores, ou encore le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello. Ces responsables sont accusés de s’être alliés aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ou à des cartels criminels pour « acheminer des tonnes de cocaïne vers les États-Unis ».

Nicolas Maduro encourt la prison

Le président vénézuélien comparaîtra lundi à midi (18 heures à Paris), devant un juge de New York, a annoncé le tribunal. Il se verra officiellement signifier les charges retenues contre lui. Si la justice américaine poursuit Nicolas Maduro, la légalité de la capture du dirigeant par les États-Unis est questionnée. Des experts estiment que l’intervention américaine viole la Charte des Nations unies qui interdit à tout État de violer l’intégrité territoriale d’un autre État sans son consentement ou une autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU. Le chef d’État vénézuélien pourrait l’invoquer lors de sa défense. S’ils sont condamnés pour narcotrafic, Nicolas Maduro et sa femme encourent une peine de prison d’au minimum vingt ans. Pour l’infraction de complot d’importation de cocaïne, ils risquent au minimum dix ans de prison.

Qui pour succéder au dirigeant ?

Après la capture de Nicolas Maduro, Delcy Rodriguez, vice-présidente, a été reconnue, dimanche 4 janvier, présidente par intérim du pays par l’armée vénézuélienne, a indiqué Le Monde. Sitôt nommée, elle a reçu une mise en garde de la part du président américain qui a dit dans une interview qu’elle « paiera cher, probablement plus cher que Maduro » si elle « ne fait pas ce qu’il faut ». La présidente par intérim a appelé à la coopération avec Washington dans le cadre de relations « équilibrées et respectueuses (…) fondées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence ». Par ailleurs, Donald Trump a affirmé que les États-Unis souhaitaient « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse ». Il a aussi rappelé ses intentions d’accaparer les vastes réserves en hydrocarbure du Venezuela au profit des grandes entreprises pétrolières américaines. Dimanche 4 janvier, il a déclaré que les États-Unis étaient « aux commandes » du Venezuela.

Au lendemain de la capture de Nicolas Maduro, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a demandé de « garantir une solution pacifique à la crise » et de « respecter la volonté du peuple vénézuélien » qui est « le seul moyen pour le Venezuela de rétablir la démocratie ».

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