C’est un pied de nez aux autorités de l’île en même temps qu’un drame. En Corse, alors que toute la hiérarchie judiciaire ainsi que les plus hauts gradés de la police et de la gendarmerie étaient réunis, lundi 12 janvier à l’occasion de la rentrée de la cour d’appel à Bastia, l’un des piliers du nationalisme corse, Alain Orsoni, a été tué alors qu’il était à l’enterrement de sa mère. La cérémonie avait eu lieu dans le village familial de Vero en Corse-du-Sud. Le Parquet national anticriminalité organisée s’est saisi de l’affaire dans la foulée avec la juridiction interrégionale spécialisée en matière de lutte contre le crime organisé à Marseille, rapporte Le Monde.
Mais alors que s’est-il passé ? Il est 16 h 30 quand le prêtre officie dans le cimetière aux derniers rites en l’honneur de la mère d’Alain Orsoni. Sa famille est également présente. D’après le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, cité dans le quotidien du soir, l’homme politique a été touché d’une unique balle, tirée sans doute à plusieurs centaines de mètres. « Un tir longue distance », rapporte le procureur auprès de France 3 Corse. Alain Orsoni s’écarte alors légèrement du groupe et s’est écroulé.
« Il n’avait pas l’air inquiet du tout »
Comme le rappelle le journal La Provence, Alain Orsoni était arrivé spécialement du Nicaragua, où il réside, pour les funérailles. La sécurisation mise en place par les forces de l’ordre autour des lieux n’a vraisemblablement pas suffi. Son entourage est stupéfait. Rien ne laissait présager une attaque selon ces derniers. « Il n’avait pas l’air inquiet du tout, il avait fait des courses en ville sans gilet pare-balles [lundi matin] », a confié à l’AFP Jo Peraldi, proche d’Alain Orsoni et ancien cadre du Front de libération nationale de la Corse (FLNC).
Alain Orsoni, ancien chef du FLNC (Front de Libération Nationale Corse) qu’il a dirigé après des études à Paris, avait ensuite fondé le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), avant de s’éloigner progressivement de la politique. Condamné dans plusieurs affaires, il avait quitté la Corse en 1996, en pleine période de violences internes au sein du mouvement nationaliste. Il s’est par la suite exilé en Floride, en Espagne et au Nicaragua. Il avait développé plusieurs activités économiques dans le secteur des jeux. Son frère Guy avait été assassiné en 1983. Son fils, qu’il nomma du même nom que son défunt frère en sa mémoire, a lui-même survécu à une tentative d’assassinat en 2018. Pour l’heure, le tireur qui a mis fin aux jours de l’ancien leader nationaliste n’a pas été retrouvé. « Je n’ai pas peur de mourir. Je ne me lève pas chaque matin en me disant que l’on va me tuer, je vis normalement. Sans une escouade de gardes du corps », témoignait-il dans les colonnes du Figaro, rapporte Closer.

