Plus de deux mois. C’est généralement le temps que les Français doivent attendre avant d’obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. Un délai qui peut encore s’allonger dans certaines régions, comme le rapportent France Info et Ici, qui ont pu consulter le baromètre de l’accès aux soins publié par la Fédération hospitalière de France avec Ipsos/BVA mardi 17 mars. Ainsi, près de trois quarts des Français (73 %) déclarent avoir déjà renoncé à au moins un acte de soins au cours des cinq dernières années.
Selon les résultats de l’étude, les raisons de ce renoncement aux soins seraient en partie dues à une « peur » de devoir être hospitalisés « au vu de la situation actuelle des hôpitaux ». Ils sont 63 % dans cette situation de défiance vis-à-vis du milieu hospitalier à cause des difficultés qu’il traverse. Ce chiffre monte à 82 % pour les habitants de la Martinique et à 75 % pour les résidents en Bourgogne-Franche-Comté. De plus, neuf Français sur dix se disent « en colère face au manque de moyens alloués à l’hôpital public et aux conditions de travail du personnel soignant ». Un chiffre qui résonne avec un autre : 95 % des Français se disent « reconnaissants » vis-à-vis des professionnels de santé qui, d’après eux, « s’efforcent de maintenir la qualité des soins malgré un contexte difficile ».
Plus de quatre mois d’attente pour consulter un dermatologue
Toujours selon cette étude réalisée par la Fédération hospitalière, d’autres raisons conduiraient à négliger certains soins : le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous (59 %), la distance à parcourir (38 %) et le budget (40 %). Si l’on regarde plus précisément les chiffres en fonction des régions, c’est la Nouvelle-Aquitaine qui subit le plus les délais d’attente. 66 % des répondants déclarent avoir renoncé à des soins à cause du temps de prise en charge. Un phénomène « qui s’accentue d’année en année », rapporte la Fédération hospitalière. En effet, si l’on est à 73 % de répondants qui déclarent avoir déjà renoncé à un acte de soins au cours des cinq dernières années, c’est dix points de plus par rapport à 2024 où l’on était à 63 %.
Le phénomène varie également en fonction des spécialités médicales. Selon le baromètre, là où un patient devait attendre en moyenne un mois et une semaine pour un ORL en 2019, il patiente environ deux mois et dix jours en 2026. Même chose pour les dermatologues : un patient attend généralement quatre mois et deux semaines actuellement, contre deux mois et deux jours en 2019. Le rapport montre également de fortes disparités entre les territoires. Pour un rendez-vous chez le psychiatre, par exemple, les habitants de la région Hauts-de-France doivent attendre vingt semaines, contre six semaines en région Nouvelle-Aquitaine.

