L’Assemblée nationale a adopté le budget de l’État 2026 mardi 27 janvier, après le rejet de deux motions de censure déposées par la gauche, hors PS, et l’extrême droite. Le texte est transmis au Sénat, qui l’examinera jeudi 29 janvier. Après ce passage, le texte devrait être définitivement adopté. « Pour la première fois depuis longtemps, les chiffres disent une chose claire : la dépense ralentit réellement », a défendu Sébastien Lecornu, qui a eu recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer le texte sans vote. Si la méthode utilisée par le Premier ministre a été critiquée, le fond du projet de loi de finances a, lui aussi, été discuté. La députée écologiste Christine Arrighi a regretté un budget qui relègue l’écologie « au tout dernier rang », rapporte La Croix. Le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a pointé un budget qui va alourdir les impôts. Du côté des Républicains, le député Corentin Le Fur a souligné que le budget 2026 était « largement imparfait » car il ne se concentre pas assez sur la réduction de la dépense publique.
Que contient la partie recettes du budget 2026 ?
Du côté des recettes, le projet de loi de finances prévoit la reconduction de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. Ce dispositif devrait rapporter 7,3 milliards d’euros. L’exécutif souhaite une taxe sur les holdings, ces sociétés mères qui détiennent ou gèrent les actifs de plusieurs autres sociétés, indique L’Indépendant. Une taxe sur les petits colis de moins de 150 euros et en provenance d’un pays hors de l’UE est aussi prévue. Ainsi, dès le 1er mars, une taxe de 2 euros doit s’appliquer sur les importations de colis extra-européens. Elle devrait rapporter 500 millions d’euros. Le gouvernement prolonge l’exonération fiscale sur les pourboires jusqu’à fin 2028 et maintient l’exemption d’impôts sur les indemnités journalières des affections longue durée (ALD). En revanche, le gouvernement a abandonné le gel du barème de l’impôt sur le revenu ainsi que l’abattement forfaitaire des retraités.
Une hausse de la prime d’activité
Pour les dépenses, le projet de loi pour le budget 2026 prévoit une augmentation de « 50 euros en moyenne par mois » de la prime d’activité, qui est versée à plus de trois millions de foyers modestes. Le repas universitaire à un euro doit aussi être généralisé. Des investissements ont été annoncés avec 400 millions d’euros supplémentaires pour les bailleurs sociaux et la création de 2 000 postes d’accompagnement des enfants en situation de handicap. L’ensemble des crédits des ministères est réduit d’environ 1,5 milliard d’euros, sauf pour la Défense. Dans le détail, le ministère de l’Écologie perd 250 millions d’euros, le ministère du Travail 200 millions et les crédits de la Recherche et de la Justice diminuent chacun de 100 millions d’euros. De son côté, le budget de la Défense progresse de 6,7 milliards d’euros. Enfin, entre 2 et 2,5 milliards d’euros seront ponctionnés dans le budget des collectivités locales.

