Témoignages, constats et pistes d’action collective : ce texte de Véronique Mégnin, bénévole à la Frat de Montbéliard, nous invite à regarder en face ce que le froid révèle, et à penser ensemble des réponses solidaires.

C’est l’hiver ! Il fait froid ! Ça caille ! Ça meule comme on dit chez nous au Pays de Montbéliard. Cette année, nous subissons une période de froid, de neige et de tempêtes que nous n’avions pas vécue depuis plusieurs années et qui impacte considérablement nos moyens de chauffage. Dans notre Frat, cette situation affecte nombre de nos participants. Nous sommes tous préoccupés, en premier lieu, par ceux qui sont sans abri ou sans domicile fixe, connaissant les difficultés pour trouver des places d’accueil de nuit ou en foyer. Des mesures locales permettent d’ouvrir des abris d’urgence et nos partenaires spécialisés dans ce domaine font le maximum pour proposer des solutions temporaires, entre maraudes et SAMU social. Sensible à cette situation, la présidente de notre Frat et une équipe de bénévoles ont apporté aux centres d’accueil locaux des manteaux et vêtements chauds. Mais nous nous désolons de ne pouvoir faire plus : nos locaux ne sont pas prévus pour de l’hébergement.

La précarité énergétique, une réalité massive

Cette situation de froid hivernal n’a pas que des conséquences sur les personnes sans domicile. En effet, la plupart de nos participants ont eux aussi des problèmes pour se chauffer. D’après une récente enquête, 36 % des Français étaient reconnus en précarité énergétique durant l’hiver 2024/2025. Les multiples causes du « mal chauffage » varient selon les situations. Les locataires d’appartements mal isolés, en chauffage collectif, en sont les premières victimes. Dans certains logements – rez-de-chaussée, dernier étage, orientation nord ou est – la température programmée devrait être de 19°, mais elle ne dépasse pas les 15°, voire moins les jours les plus froids.

Nous en sommes témoins chaque jour, dans nos Frats

Chez nous, au Pays de Montbéliard, il a fait jusqu’à -15° la première semaine de janvier. Ces situations obligent les habitants à recourir à des chauffages d’appoint, quand ils le peuvent, avec un impact énorme sur les factures d’électricité, que beaucoup ne peuvent honorer. Les régularisations de charges d’HLM en 2025 ont été dramatiques pour certaines personnes, sommées de payer l’équivalent de plus d’un mois de loyer. Quelques adhérents de la Frat’Aire ont témoigné de leurs difficultés ; certains ont même choisi de déménager. D’autres avouent passer la majeure partie de la journée sous la couette, seul endroit où il fait un peu plus chaud. Il existe des aides, comme le chèque énergie de 150 €, qui est une bonne chose, mais insuffisante, surtout dans des régions où les températures négatives durent plusieurs mois. Nous comptons aussi, dans nos Fraternités […]