Manque de confiance, estime de soi, être adolescente et accueillie dans un centre de l’Armée du Salut ce n’est pas toujours facile. Pour cela, à Mulhouse, des jeunes filles ont ouvert, en 2020, une friperie pour reprendre confiance en elle et changer le regard que la société porte sur elles. Mais aujourd’hui, cette friperie est fermée. Edwige, monitrice-éducatrice à la Fondation de l’Armée du Salut revient sur une histoire qui a commencé en 2020.

« Au Foyer Marie-Pascale Péan, de la Fondation de l’Armée du Salut à Mulhouse, nous accompagnons, au quotidien, des jeunes filles qui nous sont confiées dans le cadre de la protection de l’enfance.

Dans 50% des cas elles arrivent en urgence. De jour comme de nuit. En urgence, cela veut dire : qu’elles sont tellement en danger que nous devons les accueillir dans l’heure qui suit. Qu’elles aient 13 ou 18 ans, elles arrivent comme elles sont, parfois justes avec ce qu’elles portent sur elles. Ces moments peuvent être extrêmement violents pour ces jeunes. 

Fragiles, vulnérables, manque de confiance en elles, elles ont subi des traumatismes très tôt dans la vie. Et nous, nous avons à cœur de les accueillir dans un lieu agréable, chaleureux et rassurant où elles peuvent se sentir protégées, en sécurité et dignes.

Des Filles et des fripes : l'histoire a commencé en 2020

Notre rôle : c’est de les accompagner sur le chemin de l’autonomie, les aider à sentir qu’elles occupent une place dans la société, et ça commence par leur lieu de vie.

Nous avons très vite remarqué que les jeunes ont un rapport particulier au vêtement. Et l’idée est venue de créer un projet participatif qui sensibilisera, elles et la société, au vêtement de seconde main et qui permet aussi de penser à l’écologie, à la planète.

Une friperie pour être créatives, solidaires, engagées et ouvertes au monde extérieur

En 2020, nous avons créé une friperie dans le Foyer. Au départ il n’y avait rien. On n’avait que les locaux et ils étaient en très mauvais état. Jeunes comme professionnels et parfois les familles, nous nous sommes mobilisés pour rénover, recycler, collecter des vêtements, organiser des ateliers couture. Nous avons aussi lancé […]