Nous serions-nous trompés sur les conséquences du réchauffement climatique ? C’est en tout cas la conclusion à laquelle sont parvenus deux chercheurs néerlandais. En effet, selon les résultats de leur étude publiée jeudi 5 mars dans la revue Nature, l’ampleur de la montée des eaux aurait été sous-évaluée par erreur. Une menace pour des dizaines de millions de personnes dans le monde qui subissent de plein fouet le réchauffement climatique, rapporte France Info.
Comme on peut le lire dans le résumé succinct de leurs recherches, l’impact de l’élévation du niveau de la mer sur les côtes aurait été « souvent négligé ou mal réalisé ». Leur constat est sans appel : « Nous montrons ici que plus de 99 % des évaluations d’impact analysées ont traité les données relatives au niveau de la mer et à l’altitude du littoral de manière inadéquate, ce qui conduit à une estimation erronée du niveau de la mer par rapport à l’altitude du littoral. » Résultat : les estimations sur la montée du niveau des mers auraient été minorées de 30 centimètres en moyenne et par endroits de plusieurs mètres, comme en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique où les chercheurs ont noté des écarts de 1,5 mètre en moyenne.
132 millions de personnes supplémentaires concernées
« Ces modèles vous donnent la surface des océans dans une situation calme, sans perturbations », résume l’un des auteurs. Ce qui ne correspond donc pas à la réalité sur le terrain, en dehors des modèles théoriques qui ne prennent pas en compte les vents, les courants et les marées. Si le diagnostic s’avère biaisé, les solutions mises en place depuis le seraient tout autant, ne permettant pas de lutter efficacement contre ce phénomène. D’après les auteurs, jusqu’à 132 millions de personnes supplémentaires risquent de se retrouver sous le niveau de la mer à la fin du siècle selon un scénario particulièrement pessimiste.
D’après Katharina Seeger et Philip SJ Minderhoud : « Cette élévation est amplifiée par les mouvements verticaux négatifs du sol, c’est-à-dire l’affaissement des terres, un phénomène naturel mais de plus en plus accéléré par l’activité humaine dans les zones côtières de basse altitude ». D’après l’ONU, on estime que les océans se sont élevés d’environ 20 à 23 centimètres depuis 1880.

