« Ce n’est pas un recul mais une écoute des médecins. » C’est en tout cas ce qu’a assuré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, au moment d’annoncer sur France Inter qu’elle allait proposer un amendement de suppression de la mesure visant à encadrer de façon plus stricte les prescriptions d’arrêts maladie, vendredi 16 janvier. Un revirement qui intervient après la fin de la mobilisation des médecins libéraux la veille, débutée le 5 janvier dernier.

Cette mise sous objectif obligatoire (ou MSO) de réduction des prescriptions apparaissait notamment dans le projet de loi présenté en octobre 2025, visant à intensifier la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. À noter que le texte est en ce moment revu par le Parlement. Stéphanie Rist a également confié comprendre que les médecins « se sentent stigmatisés quand on met une mesure de telle sorte dans un projet de loi de lutte contre la fraude ».

Cumul emploi-retraite, baisses tarifaires… les autres points de recul du gouvernement

Le sujet de la MSO, bien que majeur, ne constituait cependant qu’une seule des raisons motivant la grève des dernières semaines, d’autres ayant aussi été abandonnées par le gouvernement, ou rouvertes à la discussion. Une des autres revendications des médecins mobilisés concernait les articles 77 et 78 du projet 2026 de loi de financement de la Sécurité sociale. Ces derniers auraient permis de fixer unilatéralement des tarifs médicaux par décret, dans le cas où un accord ne préexiste avec les représentants syndicaux, comme l’explique le magazine de presse médicale What’s Up Doc.

Un recul certes, mais pas un abandon complet du gouvernement. « Je propose aux médecins de reprendre les discussions avec l’Assurance maladie », a ainsi ajouté la ministre de la Santé. Une volonté de reprendre le dialogue qu’elle assure vouloir maintenir, notamment en recevant les syndicats « au moins tous les deux mois ».

Le ministère de la Santé est par ailleurs revenu sur la question du cumul emploi-retraite, un des autres points centraux du mécontentement des médecins libéraux. Cette mesure vise à exonérer de cotisations les médecins retraités choisissant de poursuivre leur activité. Des baisses de rémunération avaient ainsi été annoncées, mais ne s’appliqueront finalement pas aux médecins exerçant en zones sous-denses, a assuré Stéphanie Rist.

S’il ne crie pas victoire trop vite en attendant une matérialisation des concessions gouvernementales, le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Franck Devulder, n’a pas caché sa satisfaction : « Nous avons été entendus. C’est une reconnaissance de notre rôle et de notre responsabilité. »