Le ministère de l’Intérieur a publié, mardi 27 janvier, ses chiffres provisoires de l’immigration pour l’année 2025. À la fin de l’année 2025, près de 4,5 millions d’étrangers disposaient d’un titre de séjour en cours de validité, soit 8,1 % de la population. Le nombre de visas a augmenté de 3,5%, moins vite que le nombre de refus, qui est en hausse de 6,3%. Dans le détail, la France a délivré 384 000 premiers titres de séjour en 2025, soit 39 000 de plus qu’en 2024. Cela s’explique notamment par le fait que les titres de séjour accordés pour un motif humanitaire sont en augmentation. De plus, les étudiants étrangers sont la première catégorie de bénéficiaires avec près de 118 000 titres de séjour accordés en 2025, soit 6,4% de plus qu’en 2024, indique franceinfo. À l’inverse, les titres de séjour pour motif économique sont en baisse de 12,6% sur un an, avec 51 000 délivrances. L’immigration familiale reste stable. Si les demandes de premiers titres de séjour sont en hausse, celles pour les demandes d’asile ont diminué de 10,1% avec 116 746 premières demandes en 2025. L’Ukraine est le premier pays d’origine des demandeurs d’asile en France. Les décisions favorables progressent puisqu’en 2025, « plus d’une demande d’asile sur deux a été acceptée », indique Guillaume Mordant, chef du département statistique de la Direction générale des étrangers en France (DGEF).
Les naturalisations en baisse de 6,8% en un an
Alors que les admissions ont augmenté en 2025, les départs et les expulsions se sont accélérés. Près de 25 000 éloignements ont été recensés en 2025, soit 15,7% de plus qu’en 2024. Les éloignements sont à leur « niveau le plus haut observé depuis 2014 », souligne BFM TV. L’Algérie est le premier pays d’accueil des étrangers expulsés (10%). Elle est suivie par le Maroc, la Tunisie, la Géorgie, la Roumanie ou l’Albanie. L’exécution des mesures d’éloignement s’est durcie avec une augmentation de plus de 21% des expulsions en 2025. Le nombre de personnes ayant obtenu la nationalité française en 2025 est en baisse de 6,8% par rapport à 2024. Les naturalisations par décret sont en baisse en raison d’un durcissement des critères instauré par une circulaire de Bruno Retailleau en mai 2025. Les conditions d’accès à la nationalité française ont été durcies concernant le niveau de français exigé ou l’évaluation de l’insertion professionnelle. Les régularisations des étrangers en situation irrégulière sont aussi en baisse en raison de la circulaire Retailleau. Les candidats doivent maintenant justifier de sept ans de présence sur le territoire (contre cinq ans avant) ou de trois années d’ancienneté pour les métiers en tension.
En 2024, l’Insee estimait à 6 millions le nombre d’étrangers en France, soit 8,8% de la population. Parmi eux, 5,1 millions sont immigrés ce qui signifie qu’ils sont nés à l’étranger. Les autres sont nés en France et sont majoritairement des mineurs qui pourront devenir Français à leur majorité. Dans l’ordre, les trois pays d’origine d’immigration les plus importants sont l’Algérie, le Maroc et le Portugal.

