Dans une étude consacrée aux femmes dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques publiée mardi 3 mars, l’Office européen des brevets (OEB) révèle que les femmes sont sous-représentées dans l’innovation. « L’Europe a tout à gagner à encourager la participation des femmes à l’innovation […] Cette étude met en évidence les obstacles persistants qui entravent notre progression, afin que l’Europe puisse libérer tout le potentiel d’innovation dans les domaines de la recherche, des brevets et de l’entrepreneuriat », a indiqué António Campinos, président de l’OEB. Selon cette étude, la proportion de femmes qui ont déposé des brevets en Europe a atteint 13,8% en 2022, contre 13% en 2019. La part de femmes dans les équipes d’inventeurs a augmenté pour passer de 21,6% en 2019 à 24,1% en 2022. Cependant, elles sont moins susceptibles d’être désignées comme inventrices individuelles ou fondatrices de start-ups déposant des brevets, relève l’OEB.
Selon cette étude, citée par La Croix, les femmes ont figuré dans 16,7% des demandes françaises de brevet européen entre 2018 et 2022. Cette part est en très légère hausse par rapport à la période précédente de 2013 à 2017 durant laquelle les femmes ont figuré dans 16,4% des demandes françaises de brevet européen. Selon cette étude de l’OEB, les femmes déposent principalement des brevets en tant que membres d’équipes collaboratives et non pas seules. Elles restent sous-représentées dans tous les pays parmi les titulaires de doctorat impliqués dans les dépôts de brevets bien qu’elles soient fortement représentées au niveau doctoral.
10,2% des start-ups ayant déposé un brevet ont été fondées par une femme
L’écart entre les hommes et les femmes est particulièrement prononcé dans les start-ups détenant des brevets européens. Ainsi, seules 13,5% d’entre elles comptent une femme parmi leurs fondateurs. L’Espagne, le Portugal et l’Irlande affichent les taux de participation des femmes les plus élevés. En France, sur 100 fondateurs de start-up ayant déposé un brevet européen, seulement un peu plus de 10 sont des femmes (10,2 %). Cependant, selon les chiffres de l’OEB les start-ups les plus récentes comptent une proportion plus élevée de femmes fondatrices (plus de 14%) ce qui suggère que les nouvelles start-ups sont plus diversifiées. Par ailleurs, l’étude souligne que les recherches menées par les femmes ont un potentiel inventif comparable à celles menées par des hommes.
Le nombre inférieur des brevets déposés par des femmes n’est donc pas dû à « un manque de résultats de recherches pertinents, mais plutôt à des facteurs sociaux, institutionnels et économiques qui influencent leurs opportunités de carrière », détaille l’OEB. L’organisation souligne que les femmes représentaient 25,5% des examinateurs de brevets à l’OEB et plus de 30% des nouvelles recrues en 2025. Cette étude s’appuie sur les contributions de 22 offices nationaux des brevets. Publiée avant la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, elle souhaite montrer « les lents progrès réalisés et les écarts constatés dans l’activité d’innovation, l’entrepreneuriat engagé dans une activité de brevetage, les professions liées aux brevets et le parcours professionnel des doctorants ».

