Lionel Jospin, Premier ministre d’un gouvernement d’union de la gauche de 1997 à 2002, est mort à 88 ans, a indiqué sa famille lundi 23 mars. Artisan de la « gauche plurielle », il a porté plusieurs réformes comme celle sur les 35 heures, le quinquennat, la loi sur la parité en politique ou le pacs (pacte civil de solidarité). Lionel Jospin était né le 12 juillet 1937 au sein d’une famille protestante, d’une mère sage-femme et militante pacifiste et d’un père enseignant et militant socialiste, rappelle franceinfo. Étudiant à Sciences Po Paris, il adhère au syndicat étudiant UNEF et découvre le militantisme. Après son service militaire, il entre en 1963 à l’ENA. Il débute sa carrière au ministère des Affaires étrangères, période durant laquelle il est initié par Boris Fraenkel au trotskisme, courant issu des idées communistes de Léon Trotski.

Il adhère au Parti socialiste en 1971 et intègre, à la demande de François Mitterrand, le secrétariat national du PS et son bureau exécutif en 1973. Il devient numéro deux du PS après le congrès de Metz de 1979. Lors du second septennat de François Mitterrand, il entre au gouvernement et se retrouve en charge de l’Éducation et de la Recherche (1988-1992).

Il se retire de la vie politique en 2002

Candidat à l’élection présidentielle de 1995, il obtient 47,36 % des voix au second tour face à Jacques Chirac. Il obtient sa revanche en 1997 lorsque Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale. Les cinq partis de la « gauche plurielle » parviennent alors à obtenir une majorité. Lionel Jospin est Premier ministre et entame une cohabitation de cinq ans avec Jacques Chirac. Le 21 avril 2002, Lionel Jospin, alors candidat à l’élection présidentielle, a été éliminé au terme du premier tour au profit de Jacques Chirac et de Jean-Marie Le Pen. « J’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions, en me retirant de la vie politique », avait déclaré l’homme politique. Ce départ, quelques semaines avant les élections législatives, lui avait valu les reproches d’une partie des militants de son camp. En septembre 2023, face à une auditrice qui lui reprochait sa décision, Lionel Jospin répondait : « Qui a abandonné qui ? (…) Le peuple m’a écarté, je m’écarte ».

Les hommages à Lionel Jospin se multiplient

À l’annonce de la mort de Lionel Jospin, les réactions sont nombreuses lundi 23 mars. Jean-Luc Mélenchon a salué la mémoire d’un « modèle d’exigence et de travail ». Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, s’est souvenu d’un « inspirateur » qui avait « amené la gauche plurielle au pouvoir », rapporte BFM TV. Il a aussi demandé qu’un hommage national soit rendu à Lionel Jospin. « À l’heure où les repères vacillent, son parcours rappelle qu’on peut gouverner sans concession à l’air du temps », a argumenté Olivier Faure.

Sur Twitter, Emmanuel Macron a rendu hommage à un « grand destin français » qui « incarnait une haute idée de la République ». La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a salué un homme qui a « changé le quotidien des Français : couverture maladie universelle, parité, emplois-jeunes, PACS ». Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a regretté la disparition d’« un monstre sacré de la gauche française », estimant que « le bilan de ses conquêtes sociales est d’une ampleur qui paraît presque irréelle aujourd’hui. » « Il restera dans nos mémoires comme une figure de la Ve République et, malgré nos divergences, comme un honnête homme de gauche », a aussi salué Jordan Bardella, président du Rassemblement national.

A lire aussi :