Plus de vingt-quatre heures après le premier tour des élections municipales 2026, les tractations entre les différents candidats sont quasiment closes à Paris. Fixé au plus tard mardi 17 mars à 18 h, le dépôt des listes devrait conclure à un second tour entre trois listes : celle de l’alliance entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel, la liste d’union des gauches d’Emmanuel Grégoire eet celle de Sophia Chikirou (La France Insoumise). Mardi 17 mars, la candidate d’extrême droite Sarah Knafo a décidé de se retirer de la course au profit de l’ancienne ministre de la Culture, rapporte Le Canard Enchaîné. Quels sont les différents scénarios probables au vu de la fusion des listes de droite et du centre ?
Forte de ses 38 % de votes, le candidat socialiste à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire bénéficie sans conteste d’une dynamique favorable. Le prétendant à l’hôtel de ville n’a pas souhaité s’allier avec sa concurrente de gauche, Sophia Chikirou, malgré l’appel à l’union de cette dernière. De l’autre côté, l’alliance du centre-droit et de la droite, Bournazel-Dati, cumule à eux deux quasiment 37 % des voix, presque autant que la liste socialiste et écologiste. Citée par 20 minutes, le politiste Olivier Rouquan reste dubitatif sur les résultats escomptés dus à cette fusion : « L’électorat sera très partagé entre une forme d’abstention, un vote pour Dati, voire un vote à gauche. Ceux qui se situent dans la macronie de 2017 auront toujours du mal à voter pour la candidate LR. » Mais c’était sans compter sur le retrait de Sarah Knafo au profit de Dati.
Emmanuel Grégoire au défi du rassemblement des électeurs de gauche
Ayant balayé la possibilité d’une alliance avec Sophia Chikirou, Emmanuel Grégoire s’est adressé à son audience rassemblée à la Rotonde Stalingrad dans le XIXe arrondissement de la capitale dimanche 15 mars. Conscient de la nécessité de récupérer une partie des électeurs de la liste Insoumise, le candidat socialiste a indiqué : « J’appelle tous les électeurs du camp républicain, du camp du progrès, quel qu’ait été leur choix ce dimanche, à soutenir la liste que nous portons », rapporte Le Monde. « Le seul vote qui comptera vraiment dimanche prochain, c’est le vote pour ma candidature » assure-t-il. Parviendra-t-il à rafler une partie des 11,34 % de Sophia Chikirou ? « L’électorat de gauche n’a quand même pas envie d’avoir Dati. Il peut y avoir un vote stratégique », analyse le politologue Bruno Cautrès dans les colonnes de 20 minutes.
De l’autre côté de l’échiquier politique, les électeurs de Sarah Knafo devraient ainsi se porter sur la liste unie de Rachida Dati. Pour l’heure, si l’on se fie à une simple addition mathématique des voix, cette dernière pourrait l’emporter grâce aux voix de l’extrême droite. Un autre scénario serait la victoire d’Emmanuel Grégoire, fort de ses 38 % au premier tour en plus d’un potentiel vote utile.

