En 2025, 32 personnes âgées ont été retrouvées mortes chez elles des semaines, des mois, voire des années après leur décès, a indiqué, mardi 27 janvier, l’association Petits Frères des Pauvres qui déplore que ces décès soient les « conséquences ultimes d’un isolement social extrême ». L’association, qui a effectué son décompte à partir de faits divers relatés dans les médias régionaux, estime que celui-ci est « sous-évalué ». En réponse, les Petits Frères des Pauvres souhaitent lancer, d’ici à la fin de l’année, leur propre système de comptage pour recenser les cas et créer un « Observatoire de la mort solitaire », a expliqué Yann Lasnier, délégué général de l’association, cité par Le Monde. Il aura pour objectif de collecter des données sur la fréquence et les circonstances de la mort solitaire, mais aussi d’analyser les facteurs de risque et de proposer des recommandations pour les pouvoirs publics et les acteurs sociaux.

Avant cet observatoire, la fondation veut créer un « comité scientifique » réunissant chercheurs, sociologues, gériatres, acteurs du terrain, représentants des collectivités locales et des pompes funèbres. Ce comité permettra de « poser une définition » sur le terme de mort solitaire, mais aussi de réfléchir à des « solutions de prévention et détection de ces phénomènes ». L’association évalue à 750 000 le nombre de personnes âgées sans liens sociaux. Cela signifie qu’elles n’ont pas ou peu d’interactions avec les cinq réseaux de sociabilité : la famille, les amis, le monde du travail, l’associatif et le voisinage.

Les morts solitaires des personnes âgées se multiplient

Interrogé par franceinfo, Yann Lasnier alerte sur la multiplication des morts solitaires des personnes âgées. L’association recense les cas médiatisés. « Nous sommes passés d’une dizaine à une vingtaine d’histoires par an, et désormais une trentaine », précise-t-il. Toutefois, les journaux relatent certaines histoires sensationnelles, ce qui, selon lui, « n’est révélateur que d’une partie hyper minoritaire du phénomène ». Le délégué général des Petits Frères des Pauvres souligne que les mairies ne possèdent pas d’outils pour recenser les morts solitaires des personnes âgées. De plus, la définition du phénomène reste floue. « On pourrait inclure les ‘morts isolés’, ces hommes et ces femmes qui s’éteignent seuls à l’hôpital ou en Ehpad et dont personne ne vient réclamer la dépouille ou assister aux obsèques », se questionne-t-il.

Avec cet observatoire, les Petits Frères des Pauvres espèrent que l’État s’emparera de cette question pour mettre en place une politique de sensibilisation. L’association a lancé une campagne de communication qui liste des signes qui doivent alerter comme une boîte aux lettres qui déborde, une lumière allumée depuis des jours, un jardin qui n’est plus entretenu… En cas de doute, elle recommande de sonner ou de frapper à la porte, de se renseigner auprès du voisinage, d’alerter le gardien ou le syndic ou encore de contacter la mairie en dernier recours. « De manière générale, il faut aider nos concitoyens à acquérir les compétences sociales qui leur font de plus en plus défaut », conclut Yann Lasnier.