Le torchon n’a pas fini de brûler. L’interruption du concert de l’orchestre philharmonique d’Israël, qui se tenait le 6 novembre dernier à la Philharmonie de Paris, va continuer à faire parler d’elle après la mise en examen de quatre suspects – trois hommes et une femme. Selon Ouest-France, elles ont depuis porté plainte pour dénoncer les violences subies de la part de spectateurs face à l’action « pacifique », revendiquée par le collectif Palestine Action France. Les plaignants pointent aussi une « violation du secret de l’enquête » en raison de la fuite d’informations personnelles dans les médias.

Une rixe devant le commissariat du XIXe arrondissement de Paris

Des tensions ont également eu lieu devant le commissariat du XIXe arrondissement de la capitale où ces derniers étaient entendus samedi 8 novembre, alors qu’une foule de manifestants propalestiniens s’y était réunie, rapporte Le Monde, qui cite l’AFP. Un regroupement qui a été perturbé par l’arrivée de militants pro-israéliens ayant déclenché une rixe et menant à l’interpellation de trois individus : trois pro-israéliens et un propalestinien.

Si l’un des pro-israéliens a vu son dossier classé, les deux autres sont maintenant sous contrôle judiciaire et vont passer devant un juge au début du mois de mai, notamment pour outrages et rébellion. La quatrième personne a pour sa part bénéficié d’un classement sans suite alors qu’elle était visée par des soupçons « d’injures raciales ».

Une affaire qui fait réagir

« Rien ne peut justifier de telles actions. Quelles que soient les opinions de chacun, il est inadmissible de menacer la sécurité du public, du personnel et des artistes », a ainsi commenté la Philharmonie de Paris après avoir porté plainte, peut-on lire sur Le Point. Les réactions de la sphère politique et des associations telles que le Conseil représentatif des institutions juives en France (Crif) n’ont pas tardé à arriver après l’interruption du concert à coups de fumigènes. Ce dernier, par la voix de son président Yonathan Arfi, a notamment demandé à ce que des « sanctions exemplaires » soient prises à l’encontre des suspects.

La grande majorité de la classe politique s’est prononcée dans le même sens. Du Rassemblement national au Parti socialiste, en passant par Les Républicains, tous ont pris la parole pour exprimer leur désaccord avec l’opération de Palestine Action France. Seule La France insoumise a rechigné à condamner l’interruption du concert, mettant l’accent sur les bombardements israéliens dans la bande de Gaza et les nombreuses vies arrachées.

À noter que le concert de l’orchestre philharmonique d’Israël avait suscité des controverses avant même sa tenue. Le 29 octobre dernier, la CGT-Spectacle avait publié un communiqué exhortant la Philharmonie de Paris à rappeler à son public « que les premiers responsables de l’État israélien sont mis en cause pour des crimes contre l’humanité ». Le syndicat dénonce ainsi « une entreprise de normalisation de la part de l’État d’Israël alors même qu’il est responsable d’un génocide contre le peuple palestinien ».