Tout se joue maintenant pour Marine Le Pen. Condamnée en première instance au cours du procès des assistants parlementaires au Parlement européen, la patronne du Rassemblement National sera jugée en appel à partir du mardi 13 janvier à Paris. Cette dernière avait mis en place une stratégie de contre-attaque visant à délégitimer la décision du tribunal en parlant d’« exécution publique », visant à l’empêcher de candidater à la présidentielle. La cheffe du parti d’extrême droite, condamnée pour détournement de fonds publics, avait été condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme aménageables, et 100 000 Euros d’amende, en plus d’une inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate. Comme lors du procès en première instance, la députée frontiste fera des allers-retours entre le palais Bourbon où elle prendra part aux débats budgétaires et le palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité.
Dans les rangs des élus du Rassemblement National, les consignes sont claires : « On laisse Marine Le Pen présenter sa défense devant la cour d’appel et on limite les commentaires dans les médias », rapporte un parlementaire interrogé dans les colonnes de France Info. Selon France Info, la députée a consulté des « juristes, professeurs de droit, avocats, y compris d’autres pays européens, y compris très ancrés à gauche, pas forcément connus », pour préparer sa défense, indique un de ses proches.
« Expliquer que ça n’était pas intentionnel »
Toujours selon cette même source : « Elle décortique la décision de justice pour voir les différents leviers possibles. » « Il n’y aura pas de changement profond sur le fond de sa défense, elle ne reconnaîtra pas de culpabilité », expliquait un cadre du parti. « Elle va affirmer qu’elle n’a jamais eu l’intention de commettre une infraction et elle expliquera pourquoi, ça sera le cœur du procès », poursuit-il. « On reste sur le principe de dire qu’on n’a rien fait de mal. On va mettre le paquet pour expliquer que ça n’était pas intentionnel », indique une autre source, également proche du parti. Un léger changement dans sa stratégie de défense est d’espérer la clémence des juges et ainsi une peine moins lourde qu’en première instance.
De son côté, la principale intéressée, qui sera par ailleurs jugée en appel avec 11 autres prévenus, s’affiche en campagne pour les municipales. Elle sera en effet présente à Marseille, deux jours après l’ouverture de son procès, pour soutenir son candidat Franck Allisio. La fin du procès est attendue pour le 12 février.

