Dans cet entretien, David Alonso, directeur général du SEL, invite les chrétiens à user de discernement face à l’information, à reconnaître leurs limites et à puiser leur espérance en Christ.
Nous sommes constamment exposés – en particulier par les médias – à la détresse humaine partout dans le monde. Il en résulte parfois que notre capacité à faire preuve de compassion chute. Pouvez-vous expliquer cela ?
David Alonso : À certains moments, par exemple après la période des fêtes avec les appels à dons des associations ou quand il y a des successions de crises, le niveau de sollicitation et de pression médiatique nous fait atteindre la limite de ce que nous pouvons accepter de recevoir et de supporter. Dans une démarche de protection, certaines personnes se ferment et posent une distance. En effet, elles vivent ces sollicitations comme une surpression. Certains publics qui acceptent sans problème un certain type de communications finissent par devenir réticents quand elles se cumulent.
Un autre cas est celui des urgences extrêmement médiatiques, comme certaines catastrophes naturelles, qui déclenchent un très fort taux de réponse du public : les communications autour des catastrophes qui se produisent ensuite ont beaucoup de mal à « exister ». Le niveau de sollicitation a été tellement élevé que les gens ne sont plus capables de mettre en action leur sensibilité. Ce n’est pas qu’ils sont devenus insensibles, mais qu’ils ont été sensibilisés à tel point juste auparavant que cela entraîne une absence de réaction : il y a un déclenchement qui ne se […]
