Dans son 31e rapport sur l’état du mal-logement en France en 2026, publié lundi 2 février, la Fondation pour le logement des défavorisés alerte sur le fait que 2025 a été « une année noire pour le logement ». « Après des années d’abandon par l’État, le logement est engagé dans une spirale inquiétante », relève-t-elle. « Des mesures ponctuelles et marginales ne suffiront pas à résoudre la crise du logement », ajoute-t-elle. Dans un premier temps, la fondation note que le nombre de personnes pauvres est en hausse et constate que « l’approche de la question du logement par les responsables politiques est trop souvent réduite à des préoccupations budgétaires » et que « les ponctions financières sur le secteur ont été considérables depuis 2018 ». L’effort public pour le logement, qui représentait 2,2% du PIB en 2010 est tombé à 1,5% du PIB en 2024. La fondation alerte également sur un mal-logement invisible : l’hébergement contraint chez un tiers faute de ressources ou de logement autonome. En 2020, 590 000 personnes étaient hébergées chez des amis, cousins, oncles et tantes ou chez leurs enfants, contre 513 000 en 2013, ce qui représente une augmentation de 15% en sept ans.

1,1 million de personnes n’ont pas de logement personnel

Selon la fondation, plusieurs facteurs mènent à cette augmentation de l’hébergement chez des tiers comme la multiplication des séparations conjugales, la hausse du nombre de familles monoparentales, la dégradation du pouvoir d’achat, la progression du chômage et la multiplication des emplois précaires. Pour répondre à cela, la fondation pour le logement demande de renforcer la reconnaissance institutionnelle et le suivi ; de développer des dispositifs d’accompagnement et de régulation ; de développer des actions pour enrichir sur un territoire la gamme des solutions possibles. Selon ce rapport annuel, plus d’1,1 million de personnes n’ont pas de logement personnel. Cela signifie « qu’elles vivent à la rue, dans un squat ou un bidonville, en hébergement d’urgence ou accueillies chez un tiers », détaille franceinfo. Parmi ces plus d’un million de personnes, 350 000 sont sans domicile fixe en 2025, des estimations identiques à celles de 2024. Ce chiffre a plus que doublé en quinze ans, puisque le nombre de sans domicile fixe était estimé à 143 000 en 2012.

912 morts dans la rue en 2024

De plus, la demande de logement social « n’a jamais été aussi élevée » avec plus de 2,8 millions de demandeurs en attente. La fondation pour le logement s’alarme de l’augmentation de la mortalité dans la rue, avec 912 morts en 2024, soit une hausse de 16% en un an, dont 31 enfants de moins de quatre ans. L’organisme souligne aussi l’augmentation des expulsions locatives ainsi que la hausse de la précarité énergétique. Dans le détail, 35% des ménages ont eu froid dans leur logement en 2025, contre 30% en 2024. « Il devient de plus en plus difficile pour les ménages, notamment les plus modestes, de changer de logement pour l’adapter à leurs besoins et à leurs ressources », indique la fondation. En vue des élections municipales de mars 2026, la fondation demande aux maires de respecter la loi SRU, votée en 2000, qui oblige les communes à atteindre au moins 20% à 25% de logements sociaux ou à « privilégier la construction de logements collectifs ». Elle s’inquiète aussi d’une percée du Rassemblement national, estimant que le parti d’extrême droite est « une menace pour les personnes mal-logées ».