L’Ordre national des infirmiers se mobilise, mercredi 21 janvier, dans la lutte contre les violences sexistes ou sexuelles. À l’occasion d’une enquête sur le mouvement #MeToo dans le secteur de la santé, l’Ordre avait révélé une prévalence inquiétante des violences sexistes et sexuelles (VSS) contre les infirmières et les infirmiers. Dans un communiqué de presse publié en décembre 2024, l’Ordre national des infirmiers avait indiqué que, sur plus de 21 000 répondants à une enquête, 49% avaient déclaré avoir déjà été victime d’au moins un type de violences sexistes ou sexuelles. Dans le détail, 53% des infirmières et 24% des infirmiers ont dit en avoir été victime. Au total, 39% citent des réflexions inappropriées ou dégradantes liées à leur genre, 21% des outrages sexistes, 4% des agressions sexuelles et 0,13% des viols.

Lors de soins à domicile, quatre infirmières sur dix disent être confrontées à des gestes à caractère sexuel. Parmi les 900 déclarations de violences au sein du milieu infirmier recensées par l’Ordre national des infirmiers en 2025, les agressions sexistes et sexuelles sont nombreuses, a souligné franceinfo. Dans ce type d’agressions, la moitié des agresseurs sont des patients, mais l’autre moitié sont des soignants. « On a une culture de la banalisation de ce genre d’événements. Ce n’est pas parce que la personne est malade qu’elle a le droit de toucher les seins ou les fesses d’un professionnel de santé », rappelle Laurie Coté, infirmière et référente pour les victimes de violence en Normandie.

Seules 2% des infirmières victimes portent plainte

Par ailleurs, les infirmières et les infirmiers victimes de violences sexuelles et sexistes ont mesuré l’impact que cela avait eu sur leur vie personnelle et professionnelle. Ainsi, pour 34% des victimes, ces faits ont eu un impact sur leur santé. De plus, 24% d’entre elles font état d’effets sur leur vie sociale ou sur leur vie intime et 37% déclarent que ces violences ont fait naître un sentiment d’insécurité au travail. Au total, 19% des victimes ont noté que cela avait provoqué une détérioration de leurs relations au travail et 14% d’entre elles ont noté des répercussions sur leur rapport au travail.

Selon le sondage de l’Ordre national des infirmiers de 2024, ces violences sont causées par trois facteurs : la culture carabine, citée à 71% par les répondants, des rapports hiérarchiques et fonctionnels déséquilibrés (59%), une culture du silence au sein des établissements de santé (53%). Toujours selon cette enquête, 38% des victimes de VSS n’ont pas entrepris de démarche et seules 2% d’entre elles ont porté plainte. Ce renoncement s’explique par un fatalisme, mais aussi par une crainte des répercussions, la crainte de ne pas être entendu ou par un manque d’information sur les moyens d’action. « Il faut encourager les victimes à entreprendre des démarches de dépôt de plainte », a argumenté Alain Desbouchages, président de l’Ordre national des infirmiers. Pour dénoncer les comportements abusifs, l’Ordre des infirmiers annonce la mise en place, dès mercredi 21 janvier, d’un système d’alerte simplifié pour les victimes.