Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé, jeudi 26 mars, qu’il saisissait la justice à propos de l’algorithme de TikTok, notamment pour « provocation au suicide ». Il a saisi le procureur de la République de Paris au titre de l’article 40 du code de procédure pénale pour « traitement de données illicites » et « transfert de données à caractère illicite » concernant l’algorithme de TikTok. Ce réseau social est accusé de peser sur la santé mentale des jeunes. « On a créé avec mon cabinet un compte » sur TikTok « en disant qu’on avait 14 ans » a expliqué le ministre au micro de France Inter jeudi 26 mars. Il a affirmé, qu’en moins de vingt minutes, sans avoir aimé de publications « on s’est retrouvé avec des vidéos dépressives » parmi lesquelles « des véritables tutoriels de scarifications » et des « vidéos d’incitation au suicide ».

« Il faut qu’on arrête avec ces spirales mortifères », a assuré Édouard Geffray. En novembre 2025, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Paris après le signalement du député socialiste Arthur Delaporte. Il avait dénoncé la « facilité d’accès » des « mineurs » à l’algorithme TikTok qui pouvait pousser les plus vulnérables vers le suicide. Le député a réagi jeudi soir. « Je salue le signalement au parquet effectué par le ministère de l’Éducation nationale concernant les dangers de l’application TikTok », a ainsi écrit Arthur Delaporte. Il a ajouté que cela alimenterait l’enquête déjà ouverte après son signalement.

Meta a été condamnée pour mise en danger de mineurs

« Je redis ma confiance en la justice et dans les enquêteurs pour que la plateforme réponde de ses actes alors même que plusieurs plateformes ont été lourdement condamnées aux États-Unis, ces derniers jours notamment, pour les mêmes infractions », a détaillé le député. En effet, aux États-Unis, Meta, la maison mère d’Instagram et de Facebook, a été condamnée, mercredi 25 mars, pour avoir mis en danger des utilisateurs mineurs sur ses plateformes. L’État du Nouveau-Mexique a estimé que Meta avait privilégié ses profits au détriment de la sécurité de ses plus jeunes utilisateurs. Selon lui, l’entreprise n’a pas été capable de protéger ses utilisateurs mineurs contre les prédateurs sexuels, mais elle a aussi trompé le public en assurant que ses produits, comme Instagram, étaient sûrs, rapporte franceinfo.

Cette décision crée un précédent puisque jusqu’à présent la nocivité des réseaux sociaux n’avait jamais été sanctionnée par la justice. Meta, qui a été condamnée à payer 375 millions de dollars de dommages et intérêts, a annoncé qu’elle ferait appel. « Nous travaillons dur pour protéger les utilisateurs de nos plateformes et sommes transparents quant aux défis que représentent l’identification et la suspension des utilisateurs malveillants et des contenus nocifs », a indiqué un porte-parole de la firme après l’annonce de la décision. Meta est mis en cause dans un deuxième procès, avec Google, à Los Angeles. Une jeune femme demande une réparation aux deux géants technologiques. Elle les accuse d’avoir conçu leurs applications pour que les jeunes y passent le plus de temps possible. Selon elle, la fréquentation d’Instagram et de Youtube, filiales respectives de Meta et Google, a contribué à provoquer chez elle dépression, anxiété et troubles de l’image de soi.