Les acteurs du secteur du transport sont réunis, lundi 30 mars, par les ministres des Transports, Philippe Tabarot et de l’Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé. Ensemble, ils ont signé une charte pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les transports. Cela a pour objectif de prévenir et de détecter les situations à risque, mais aussi d’« améliorer la prise en charge des victimes, garantir que chaque signalement trouve une réponse concrète », a précisé un communiqué transmis à l’AFP et cité par franceinfo. Pour la première fois, cette charte rassemble l’État, les collectivités, les opérateurs et le monde associatif afin d’harmoniser des actions « conduites de façon parfois hétérogène », selon le ministère des Transports.
Cette charte prévoit de mieux qualifier et quantifier les violences sexistes et sexuelles pour comprendre leur ampleur et identifier les zones d’insécurité dans les transports. Plusieurs solutions devraient être développées, comme la descente à la demande, le renforcement des dispositifs de signalement, comme le 3117, dédié aux agressions ou situations de harcèlement sur le réseau francilien, mais aussi le déploiement d’équipes de médiation et de sûreté. La charte souhaite également renforcer la formation et la sensibilisation des personnels, ainsi que la diffusion régulière de messages d’information. Au total, en 2024, 3374 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées dans les transports en commun dans toute la France par les services de police et de gendarmerie.
91% des victimes de VSS dans les transports sont des femmes
Selon une étude publiée en mars par l’Observatoire de la mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof), le nombre de violences sexistes et sexuelles dans les transports en 2024 a augmenté de 6% par rapport à 2023 et de 86% par rapport à 2016. Par ailleurs, 91% des victimes de violences sexuelles dans les transports en commun sont des femmes. De plus, 96% des victimes déclarent que les auteurs de violences sexuelles dans les transports sont des hommes. Selon la même étude, 70% des utilisatrices des transports en commun d’Île-de-France ont déclaré avoir été victimes d’au moins une VSS au cours de leur vie, dans les transports de la région. Parmi les femmes qui se sont déclarées victimes de violences sexistes et sexuelles sur le réseau francilien, 81% en ont parlé. Toutefois, seulement 7% ont déposé plainte. De plus, 67% des victimes n’ont jamais sollicité d’aide immédiate ou engagé une action.
Selon une enquête menée par l’Observatoire national de la délinquance dans les transports, 37% des violences sexistes et sexuelles constatées en 2023 étaient des viols, tentatives de viols ou agressions sexuelles. Dans le même temps, 36% étaient des faits de harcèlement sexuel, exhibition sexuelle ou voyeurisme et 27% étaient des outrages sexistes et sexuels. Ces violences sexistes et sexuelles dans les transports ont un impact psychologique sur les femmes victimes qui ressentent de la tristesse, de la honte, de la colère, mais qui craignent aussi de sortir de chez elles.

