De nombreuses personnalités sont passées, ou ont fait passer leurs enfants, par l’École alsacienne, rappelle Le Monde. Gabriel Attal, Juan Branco, Léa Salamé, Edouard Baer, Joyce Jonathan mais également Elisabeth Guigou, Robert Badinter, Arnaud Montebourg, Isabelle Huppert, Inès de la Fressange, cite le quotidien. Créée en 1874 par des pédagogues alsaciens protestants, cette école privée parisienne accueille aujourd’hui 1800 élèves de la maternelle à la terminale et propose un modèle qui repose sur le réseau, l’aisance et l’épanouissement, précise Le Monde. 

L’établissement défend un modèle pédagogique inspiré du protestantisme. La journaliste Lucas Bretonnier, auteur de L’Ecole du gotha. Enquête sur l’Alsacienne (Seuil), paru en septembre 2021, estime que cette école est “l’antithèse des lycées Henri-IV ou Louis-le-Grand, qui symbolisent l’excellence académique et la méritocratie française”. D’abord, car elle est privée. Ensuite, parce qu’elle “ne propose pas à ses élèves de se conformer à un modèle de réussite scolaire et de mérite”, explique le journaliste dans un entretien au journal Le Monde. 

Turbo social

“Elle veut mettre en valeur ce que chacun a d’unique et de singulier”, explique-t-il. L’École alsacienne prône un rapport à l’autorité différent : les enfants sont encouragés à se comporter avec les adultes d’égal à égal. De plus les arts, le théâtre, la musique, le sport, les voyages, des activités d’ordinaire considérées comme périscolaires, sont au cœur de la formation. Le développement de leurs compétences relationnelles y est primordial, surtout “dans une société où le ‘faire savoir’ est devenu tout aussi important que le savoir-faire”, précise Lucas Bretonnier.

L’Alsacienne incarne un système où le réseau paie autant, sinon plus, que le mérite, ajoute-t-il. Même si le directeur de l’établissement parle plutôt de famille et d’amis. “Ainsi, tout au long de leur scolarité et de leur vie professionnelle, les élèves n’ont pas l’impression de solliciter un réseau mais d’appeler un ami. L’école devient alors une espèce de turbo social”, note l’auteur. En somme, il s’agit d’une “forteresse d’entre-soi protecteur”.

Les familles de l’Alsacienne sont en effet issues des élites politiques, médiatiques, culturelles et économiques. De fait, l’établissement est rattrapé par “la sociologie du quartier : le 6e arrondissement est devenu le plus cher de la capitale, et ses habitants sont encore plus riches qu’ils ne l’étaient il y a cinquante ans. Par conséquent, les familles qui veulent y inscrire leurs enfants sont encore plus favorisées qu’avant”.