… Avouons qu’il est, ce mot, tellement pur, séduisant, suggestif, édifiant, multi-sémantique, poly-valant… et finalement gratifiant ! La grâce peut expliquer la terre et les enfers, les succès de la Réforme et ses ratés, elle permet d’inverser les ordres et les préséances, de mépriser les pouvoirs et d’habiter les cieux… Et se réclamer de la grâce, c’est tout de suite placer la barre assez haut : nous-mêmes, nés par grâce, nous mourrons par grâce, n’est-ce pas ! Ce monde de grâce dans lequel le protestant évolue, il nous rend légers, élégants, détachés et généreux, sans culpabilité ni…

Mais tout de même, il semble que la grâce se porte particulièrement bien dans une société de riches. Face aux grandes détresses du monde, ou face aux « pauvres » dans la rue, que faire de ma mirobolante cassette de grâce ? Comment la partager ? Comment vanter ses mérites, pardon… son éclat, au ras du trottoir ?

La grâce de Dieu a certes la capacité de nous mettre au boulot, nous les riches, sans trop de […]