Alléger notre fardeau
prédication

Alléger notre fardeau

Notre vie ressemble parfois à celle du bousier... Et encore, lui il trimbale sa boule d’excréments pour une raison bien précise.

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Publié le 8 février 2020

Auteur : Vincent Miéville

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Notre vie ressemble parfois à celle du bousier… Et encore, lui il trimbale sa boule d’excréments pour une raison bien précise : il y pondra ses oeufs ou il en tirera les nutriments dont il a besoin pour se nourrir. Nous, parfois, on ne sait plus trop pourquoi on la trimbale…

Cette boule qu’on pousse ou qu’on tire, elle est faite des blessures et des remords liés au passé, des doutes d’aujourd’hui, des peurs pour demain. Elle est faite des habitudes voire des addictions qui nous rongent, elle est remplie de culpabilité, de honte, de tristesse ou de lassitude… Cette boule, elle nous pèse, elle nous fatigue.

Il y a justement une belle parole de Jésus, dans l’Evangile selon Matthieu, qui peut répondre à cette fatigue et cette lassitude :

Matthieu 11.28-30
28 Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le repos. 29 Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour tout votre être. 30 Le joug que je vous invite à prendre est bienfaisant et le fardeau que je vous propose est léger.

Ici il n’est pas question de bousier… mais bel et bien d’une charge que nous portons et qui nous fatigue. Jésus utilise des métaphores ouvrières et agricoles :

  • Même si c’est devenu un mot au sens figuré pour parler d’une chose pénible à supporter, le fardeau, c’est d’abord une charge pesante que l’ouvrier doit transporter.
  • Le joug, c’est une pièce de bois qu’on place sur la tête ou le cou des animaux de trait pour les atteler et tirer le meilleur profit de leur force de traction.

Les deux métaphores évoquent une charge que l’on porte, un poids qui provoque de la fatigue et de la lassitude dans notre vie. Et Jésus propose de nous donner du repos.

Un fardeau léger

Tout commence par un appel que Jésus nous adresse : “Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau”. La réponse à cet appel, c’est la réponse de la foi : accepter ce que le Christ nous offre. C’est dire : j’accepte, à la place de mon fardeau, de porter le joug que tu me proposes. Or, le joug dont Jésus parle, ce sont ses instructions, son enseignement. Mais il précise bien que ce joug est bienfaisant. Il y a certes un fardeau mais il est léger.

Suivre le Christ, dans une démarche de foi, c’est un choix qui engage. Cela a des implications importantes pour nous, au niveau de notre vision du monde, de nos priorités dans la vie, de notre comportement… C’est bien une charge que nous acceptons. Mais si cela représente pour nous un fardeau insupportable, c’est qu’il y a un problème.

Car on peut se tromper de joug et prendre sur nos épaules ce que Dieu ne nous demande pas ! Parfois, on se met la pression pour être un croyant parfait, on cherche à mériter la faveur de Dieu, à être à la hauteur. Et le fardeau léger de l’amour et de la grâce de Dieu devient un fardeau lourd de nos efforts, de nos frustrations, de nos échecs.

Le joug que le Christ nous offre, celui de ses instructions, ne nous écrase pas sous des obligations et des interdits, il nous libère et nous allège de notre culpabilité, de notre honte et de nos remords. Par son amour et sa grâce, il nous offre le pardon et le renouvellement. Voilà qui est source de repos pour nous.

La foi : une béquille ? Pourquoi pas !

On entend dire parfois, avec un ton de mépris ou de suffisance : “la foi, c’est une béquille pour les faibles !” Eh bien c’est peut-être vrai. Mais attention : vous vous pensez inébranlable, inatteignable, suffisamment fort pour affronter toutes les épreuves ? Si c’est le cas, vous n’avez sans doute pas besoin de la foi… mais j’ai peur que vous tombiez de haut un jour ! Et ce même danger concerne aussi les croyants. On peut, parfois, penser que puisqu’on a la foi, on est inébranlable, rien ne peut nous arriver. Si c’est ce que vous pensez… c’est que vous n’avez plus besoin du Christ, et que vous avez peut-être plus foi en vous-mêmes que foi en Jésus-Christ. Mais là aussi, un jour vous tomberez de haut !

Cette belle parole de Jésus nous invite à reconnaître notre fatigue… Assumons nos faiblesses, nos coups de mou et nos failles. Ne nous prenons pas pour des super-héros, avec ou sans la foi ! Notre force c’est aussi de reconnaître nos faiblesses. Et notre faiblesse serait de croire que nous n’en avons pas…

Pas besoin d’être fort pour suivre Jésus. Pas besoin d’être inébranlable pour être un bon chrétien. Reconnaissons que nous boitons tous, d’une manière ou d’une autre, et que la foi peut être une béquille qui nous aide à avancer… et grâce à laquelle nous trouvons du repos dans nos vies plus ou moins brinquebalantes et cabossées.

L’important, c’est celui en qui on croit

Finalement, ce qui est important, c’est moins notre foi que celui en qui on croit. C’est Jésus, qui nous appelle à venir à lui, et qui est “doux et humble de coeur”. Le contraire d’un maître dominateur.

Notre vision de Dieu, de Jésus-Christ, détermine énormément la façon de vivre notre foi. Devant un maître intraitable ou un juge impitoyable, on se tait et on obéit. Mais devant un maître doux et humble de coeur, qui sait se mettre à notre hauteur et qui nous comprend, on se sent libre d’être soi-même.

La foi authentique, c’est être soi-même devant Dieu, dans la confiance et la reconnaissance. Parce qu’elle repose sur l’assurance de l’amour de Dieu pour nous. Parce qu’elle se construit dans une relation avec le Christ qui est présent, tout proche de nous.

Si votre foi vous conduit à une vie chrétienne qui est un poids lourd à porter, un fardeau insupportable, c’est que vous avez sans doute une vision faussée de Dieu. Car Jésus le dit : ”Le joug que je vous invite à prendre est bienfaisant et le fardeau que je vous propose est léger.” En réalité, c’est nous qui ajoutons du poids à ce fardeau léger, c’est nous qui le rendons lourd…

Conclusion

Notre vie ressemble parfois à celle du bousier… mais nous ne sommes pas aussi forts que le bousier. Savez-vous qu’il est capable de pousser 1141 fois son poids ? Pour un homme ça équivaudrait à pousser 6 bus double-étage remplis de passagers !

Alors à travers cette belle parole de l’Evangile ce matin, Jésus nous dit d’abandonner cette boule qu’on pousse ou qu’on tire, faite de blessures et de remords, de doute et de peur, d’habitudes voire d’addictions qui nous rongent, cette boule pleine de culpabilité, de honte, de tristesse ou de lassitude… Par sa grâce, il veut alléger notre fardeau et il nous offre de prendre à la place son joug bienfaisant et son fardeau léger.

Sa présence à nos côtés chaque jour, sa bonté et sa fidélité qui nous accompagnent, la foi qui nous relie à lui, sont source de paix et de repos. Laissons-le donc alléger notre fardeau !

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Pasteur de l’Eglise évangélique libre de Toulouse et président de l’Union des Eglises évangéliques libres de France, Vincent Miéville est aussi un blogueur passionné qui partage ses écrits sur quatre sites internet : Le cinéma de Vincent (critiques de film), Le blog de KerouVim (critiques culturelles plurielles), Blog-notes de Vincent (réflexions, questions, avis en lien avec l’actualité… ou pas !), Les prédications de Vincent.

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