Car la véritable métamorphose n’arrive pas au moment où les choses se transforment, mais lorsque notre manière de les recevoir s’élargit, s’apaise, s’ouvre. Il s’agit ici de pratique intérieure –celle qui apprend à cultiver la paix en soi, afin de faire un pas en arrière.
Chaque jour, nous sommes placés devant une question essentielle: est-ce que nous subissons notre vie, ou nous la choisissons? Sommes-nous vraiment aux commandes de notre existence ou jouons-nous simplement un rôle écrit d’avance ?
La tradition réformée a souvent interrogé cette tension, entre libre arbitre et prédestination. Pourtant, au-delà des débats, demeure une certitude: nous avons, chacun, une part de responsabilité dans la manière dont nous regardons le paysage de nos existences, ceux que nous aimons, mais également nous-mêmes.
Romains12.2 : «Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence.» Il m’arrive souvent de penser à la montagne. Vous savez, à cette expérience simple: lorsqu’on se déplace de quelques mètres et qu’on découvre un paysage qui change du tout au tout. Le même lieu, la même lumière, et pourtant un horizon tout autre. Ce n’est pas la montagne qui a bougé, c’est notre angle de perception.
Avez-vous trouvé le nom de la montagne qui figure sur la photo en haut de cet article? Observez bien, je vous donnerai la réponse à la fin.
Ainsi en est-il de nos existences: la plupart de nos souffrances viennent de ce que nous restons figés dans un seul point de vue, une seule façon d’envisager la situation. Nous croyons parfois que tout est fermé, alors qu’un simple pas de côté suffit parfois à révéler un autre chemin. Dieu, lui, contemple toutes les faces de la montagne. Son regard embrasse nos vies dans leur totalité. Là où nous voyons un mur, il discerne une ouverture. Là où nous voyons une impasse, il perçoit un sentier. Là où nous voyons l’échec, il perçoit déjà la promesse d’un recommencement. Son regard est bien différent du nôtre : il ne s’arrête pas à l’apparence, mais pénètre la profondeur. Il voit ce que nous ne voyons pas encore.
Et si la foi consistait justement à apprendre à voir un peu plus comme lui? Dans Esaïe 55.8, nous lisons : […]
