Méditation contre le repli communautaire

Méditation contre le repli communautaire

« Il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussitôt après, mal parler de moi » (Marc 9,38-40)

Un contenu proposé par Ensemble - Sud-Ouest

Publié le 10 octobre 2018

Le récit de Marc nous parle d’un homme qui chasse les démons et aide les gens à recouvrer la santé en se servant du nom de Jésus. Une activité tout à fait louable et donc à encourager. Eh bien, non ! Les disciples pensent que cet homme doit immédiatement cesser car le « label Jésus » – de leur point de vue – est une marque déposée qui leur appartient. Peu importe la pertinence, l’utilité de l’action. Ce qui leur importe, c’est l’appartenance : il n’est pas avec nous qui avons le monopole du Christ, sa proximité, sa confidence. Il n’a pas fait acte de candidature, ne s’est pas présenté, il n’a donc pas le droit de guérir…

On remarquera qu’au lieu de dire : “(Cet homme) ne te suivait pas”, Jean dit : “Il ne nous suivait pas”. À quoi correspond ce “nous” ? Il s’agit probablement du “nous” communautaire qui est aussi celui de l’appartenance à une communauté de foi particulière. « Il ne nous suit pas », il n’appartient pas à notre communauté, à notre ecclésiologie, à notre théologie, à notre façon de faire, à notre modèle liturgique. Il n’est pas comme nous.

Au-delà du clan

Jésus recentre le propos. Il ne reproche rien à ce “nous”, mais le met en garde contre les dérives possibles. Il ne veut pas que ses disciples empêchent cet homme de guérir. Car ce dernier travaille dans le même sens que Lui. Il est pour lui, il est donc pour nous. Dans sa réponse, Jésus combat cette mentalité de clan qui commence à se former au sein des disciples autour d’une exclusion. La réponse de Jésus leur apprend que Dieu est à l’œuvre chez eux, mais qu’il travaille également chez les autres et par les autres. Il se révèle dans notre Église particulière, et c’est heureux. Mais il se révèle aussi dans l’Église d’à côté, et c’est heureux encore ! Ce qui compte n’est pas que cet homme soit ou non recensé parmi les disciples en titre, mais que des gens soient guéris.

La perspective est œcuménique ! Elle dépasse les mentalités de clan, les propensions au renfermement. Elle accueille la foi de l’autre dans sa riche différence. Nous touchons là une réalité essentielle : la liberté de Dieu d’agir comme il l’entend : quelquefois par nous, quelquefois en dehors de nous. Face à des disciples désireux de brider cette liberté, inquiets des hiérarchies et des appartenances, Jésus rappelle l’importance de la mission, Bonne nouvelle qui libère l’homme de ses démons. Elle permet à chacun d’approcher, dans la figure du Christ, son humanité véritable.

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