Un esprit sain(t) dans un corps sain(t)
Sport

Un esprit sain(t) dans un corps sain(t)

Au sein de l’Église, cet adage ne semble pas être apprécié de tous.

Un contenu proposé par Le blog de Joël Thibault

Publié le 27 février 2020

Auteur : Joël Thibault

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De nombreux sportifs connaissent l’adage « un esprit sain dans un corps sain » sous-entendant que le sport participerait autant au bien-être physique que mental. C’est d’ailleurs la devise d’une grande marque de sport depuis près de 70 ans qui reprend les initiales de la formule en latin « Anima Sana In Corpore Sano ».

Pourtant, dans l’Église, cet adage ne semble pas être apprécié de tous. Le dualisme qui existait déjà chez les grecs et que l’Apôtre Paul combattait (lire les lettres aux Corinthiens) semble perdurer dans certaines pensées.

Ce dualisme grec, c’est l’idée que l’esprit ou la raison sont fondamentalement bons, et que la matière est fondamentalement mauvaise : la matière et le corps sont considérés comme des réalités mauvaises dont il faut s’échapper, s’extirper, pour mener une vie pure et vivre comme de purs esprits. Le corps est considéré comme une prison qui nous opprime, nous réduit, une pesanteur qui nous attire vers le bas. Et le but de la vie est de s’élever par la contemplation vers un monde spirituel pur en espérant la mort qui vient délivrer l’homme de la prison de son corps.

Pourtant, la pensée de Dieu n’est pas celle-là. En Genèse 1, on peut lire que « Dieu créa l’homme à son image […] Dieu regarda tout ce qu’il avait fait, et il constata que c’était très bon. » Puis dans 1 Corinthiens 7:17 :

« Par ailleurs, que chacun vive selon la part que le Seigneur lui a attribuée, selon l’appel qu’il a reçu de Dieu. C’est ce que je prescris dans toutes les Églises. »

On retrouve cette pensée dans la scène du film Les chariots de feu, où l’on voit Eric Liddell (ancien champion olympique puis missionnaire en Chine) qui court en pensant :

« Dieu m’a créé pour une bonne raison, il m’a aussi fait rapide et quand je cours, je sens que je fais plaisir à Dieu. »

Le footballeur et ballon d’or 2007 Ricardo Kaka a partagé la même pensée :

« Je joue au foot parce que Dieu m’en a donné le don et il mène son don à sa maturité dans ma vie. »

Si Dieu est vraiment créateur de toute chose, alors c’est Dieu qui donne à Messi son habilité à  dribbler ses adversaires. Un but marqué par un footballeur, tout comme n’importe quelle autre activité humaine, peut plaire à Dieu, dans la mesure où Dieu prend plaisir dans ce qu’il a créé.

Nous devons nous débarrasser de la pensée que le sport est une activité non spirituelle : il n’y a aucune division sacré-profane dans l’organisation divine.

Le sport, nouvelle religion 

Dieu nous invite à prendre soin de notre corps (attention à l’ascétisme, au mépris du corps) et à lui offrir nos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu (Romains 12). Mais les détracteurs chrétiens du sport aiment citer 1 Timothée 4:8 : « L’entraînement du corps est utile, mais à peu de chose. Au contraire, la fidélité à Dieu est utile à tout. En effet, à celui qui est fidèle à Dieu, la vie est promise pour maintenant et pour plus tard. »

Personnellement, je choisis de retenir que l’entraînement du corps est utile (hygiène de vie, santé, amitiés, dépassement de soi…), mais aussi de souligner qu’il est limité : le sport n’offre pas les paroles de la vie !

C’est ce que de grands champions expriment dans les pages du magazine Jésus ! : « Si je ne vis pas 100% pour Jésus, je ne connaitrais jamais le vrai bonheur », Aurélien Collin. « J’ai réalisé que sans Jésus j’étais vide », Olivier Giroud.

« Que l’on soit footballeur, artiste, journaliste, on a tous besoin d’être sauvés par Jésus », Gilles Yapi Yapo.

Oui, il est vrai que le sport est devenu plus important qu’il n’aurait dû l’être. À titre d’exemple, sur la période 2011-2014, les revenus officiels de la FIFA ont atteint 5,7 milliards de dollars, soit le PIB annuel du Liberia et du Burundi réunis. La Coupe du monde 2014 organisée au Brésil a assuré à elle seule 4,8 milliards de dollars de recettes. Et en France, 16 milliards d’euros sont consacrés chaque année par les français pour la pratique du sport.

Le sport est devenu une religion, un véritable culte pour beaucoup de personnes. Et c’est bien là que réside la tension. Dieu a donné des dons naturels à tous, dont des capacités physiques extra-ordinaires à certains. Mais l’homme s’en est enorgueilli et a voulu devenir comme Dieu.  Romains 1:23-25 : « ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible […] et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur. »

Du culte du corps au culte du Créateur

Faudrait-il alors fuir le monde du sport parce que nous serions plus vertueux ?

Philippe Acensi (délégué général de l’Agence pour l’Éducation par le Sport) a déclaré que « Le sport n’est pas éducatif par nature, mais nécessite des citoyens qui transmettent des valeurs de solidarité et de convivialité. » Oui, le sport restera entaché par le mal, si nous le laissons entre les mains de personnes mal intentionnées.

C’est pourquoi l’association Holistic Sports (que  j’ai créée avec la collaboration de 5 autres personnes) s’engage dans le monde du sport, afin de proposer une autre alternative. À travers le développement d’une aumônerie du sport, nous souhaitons apporter une assistance morale et/ou spirituelle aux sportifs. Holistic Sports croit que des personnes plus heureuses avec un état d’esprit approprié seront de meilleurs athlètes, formeront de meilleures équipes et de meilleurs clubs.

Nous croyons aussi que Dieu peut donner un sens libérateur aux vies des sportifs. Et qu’à travers la pratique sportive, nous pouvons apprendre des vérités bibliques sur Dieu ainsi que sur nous-même et notre caractère. Notre devise pourrait se résumer ainsi : « Montre-moi comment tu joues, je te dirai qui tu es. » Mon moteur est-il l’amour ? Car aimer Dieu, c’est aimer son prochain, qui peut être mon adversaire du jour sur un terrain ! D’ailleurs Jésus ne nous invite-t-il pas à dire du bien même de nos ennemis ?

Dieu ne souhaiterait-il pas nous inviter à vivre plus que cet adage « un esprit sain dans un corps sain » ? Et si un simple « T » ajouté à cette devise pouvait changer toute une destinée ? Et si le but de l’Homme était de vivre avec un « Esprit Saint dans un Corps Saint ». Et si ce simple T qui nous rappelle la croix où Christ a été crucifié pour nos fautes était une invitation à vivre pleinement réconcilié avec Dieu dans tous les aspects de notre vie (réconcilié avec Dieu, avec l’image de moi-même (acceptation), avec les autres (relations) et avec le monde) afin de lui rendre Gloire !

« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » 1 Corinthiens 6:19-20

Oui, Dieu veut transformer la vie de nombreux sportifs afin qu’ils glorifient le Créateur. Qu’ils passent du «culte du moi», du «culte du corps», au culte rendu à Dieu. À ce Dieu riche en bonté et en compassion, ce Dieu rempli d’amour, manifesté en Jésus! Il a revêtu la tenue « sportive » de notre humanité en payant le prix du plus grand transfert de l’histoire de l’humanité afin que nous puissions être titulaire d’une vie abondante coachée par Son Esprit !

PS : Holistic Sports est une association d’inspiration protestante visant à soutenir la communauté sportive dans une approche holistique tout en identifiant, formant, recommandant et guidant les aumôniers du sport.

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