foi et jardinage

Jardinier par amour

Membre de l’Eglise protestante unie du bassin d’Arcachon, Matthias travaille dans une réserve naturelle maritime et cultive avec amour son potager. Interview.

Un contenu proposé par Ensemble - Sud-Ouest

Publié le 28 mars 2021

Auteur : Corinne Gendreau

Vous cultivez la terre, comment avez-vous appris ?

Mon père cultivait un joli jardin avec un potager et des fleurs. Je m’y suis intéressé, j’ai observé, puis dès mes dix ans, j’ai commencé à faire le potager car mes deux parents travaillaient et j’aimais ça. C’était un joli terrain au nord de la Rochelle ; je n’osais pas trop en parler à mes amis de peur qu’ils se moquent de moi. Puis ce plaisir de cultiver est resté, j’ai la chance d’avoir la place pour un potager de 250 m2.

Quel est votre rapport à la terre ? Pourquoi la cultivez-vous ? Y a-t-il une idéologie sous-jacente ?

J’ai une habitude de cultiver la terre qui remonte à mon enfance. Je suis sensible à la relation que j’entretiens avec la terre. J’aime le faire et je me sens bien quand je m’occupe de mon jardin potager. Je n’ai pas idée de participer à la sauvegarde de la Création quand je suis dans mon jardin ; je suis juste heureux d’y être et en plus il me permet de manger avec ma famille de bons légumes. Ma démarche ne s’inscrit pas dans un acte militant, c’est naturel pour moi de cultiver un potager.

Êtes-vous inspiré par les textes bibliques ? En quoi ?

Indirectement, oui, mon comportement est lié à ma foi. Tout est lié à Dieu et aux messages de la Bible. Notre terre est un cadeau de Dieu, il nous offre plein de choses magnifiques… J’en profite énormément. Ce cadeau de Dieu me réjouit et j’en suis extrêmement reconnaissant. Il en découle chez moi une forme d’amour pour le monde et tous les êtres vivants. J’ai du mal à différencier la spiritualité et l’écologie car tout est lié, Dieu nous donne tout ! Je suis dans la reconnaissance et la conscience d’une responsabilité à utiliser à bon escient les cadeaux de Dieu.

Le chrétien a-t-il une responsabilité particulière sur cette terre ? Si oui, par où commencer ?

La responsabilité vis-à-vis de la terre n’est pas une exclusivité chrétienne. Nous avons tous cette responsabilité. Pour tous, la responsabilité découle de notre condition d’être vivant parmi tous les êtres vivants. Donc le chrétien a toute sa place dans cette démarche de préservation. Il a peut-être une responsabilité supplémentaire car il sait que Dieu nous a offert la terre ; à nous d’en faire quelque chose de beau. Dieu nous a mis en responsabilité et il nous accompagne, il nous libère de plein de choses, il nous donne sa paix, sa grâce, son amour pour que nous agissions.

Comment partager cette responsabilité avec le monde extérieur à l’Église ?

Je crois qu’il y a déjà un gros travail à faire au niveau des communautés chrétiennes au travers de groupes de travail. Je n’ai pas envie que l’on utilise la Bible comme charte écologique car le message principal, c’est que Dieu nous donne sa grâce. Mais les communautés ont la responsabilité de travailler ce sujet, même si la vie est très rapide et compliquée en ce moment. On ne se repose pas assez, on ne laisse pas la terre se reposer suffisamment, on ne limite pas assez notre consommation.

L’Église peut participer à la prise de conscience du travail à faire sur nous-mêmes car on a une responsabilité dans l’épuisement de la terre. La vision des chrétiens est très souvent homo-centrée, l’homme placé au cœur de la Création comme si c’était un maître. Je ne vois pas du tout les choses ainsi car toutes les créatures sont ensemble sur la terre. Même si la Bible de mon enfance parle de dominer la terre (les traductions ont changé maintenant), ce n’est pas ça. Dieu nous appelle à nous convertir dans notre rapport au monde. C’est la responsabilité du chrétien avant la responsabilité de l’Église, même si je pense que les Églises devraient plus s’investir.

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