Réunis lundi 5 janvier en assemblée générale à l’appel d’une intersyndicale, les agents du musée du Louvre ont voté la grève à l’unanimité, ont indiqué la CFDT et la CGT. « Environ 350 personnes, de différents métiers – régie, conservation, fonctions supports – ont voté, à l’unanimité » pour la reprise du mouvement, a déclaré à l’AFP Valérie Baud, représentante CFDT, citée par franceinfo. Les employés protestent contre leurs conditions de travail dans le musée. L’établissement reste « ouvert partiellement », avec le « parcours chefs-d’œuvre », qui inclut la Joconde, la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace. Le mouvement de grève, lancé le 15 décembre, avait été suspendu le 19 décembre. Les agents protestent contre les sous-effectifs, notamment pour la surveillance des salles. Ils s’opposent aussi à la hausse des tarifs pour les touristes non-européens. Cette mesure, qui doit entrer en vigueur le 14 janvier, prévoit que les touristes extra-européens paient 32 euros pour entrer au Louvre, soit 10 euros de plus que les autres visiteurs. Cette hausse des tarifs avait été proposée par la ministre de la Culture, Rachida Dati, au début de l’année 2025.
Des failles de sécurité au musée du Louvre
Après le vol spectaculaire de huit joyaux de la Couronne française le 19 octobre, les agents ont aussi alerté sur la dégradation du musée du Louvre. En quatre minutes, les cambrioleurs ont volé un butin d’une valeur de 88 millions d’euros. Le quatrième membre présumé du commando, un homme de 38 ans, a été placé en détention provisoire mardi 2 décembre. Une semaine plus tôt, un homme de 39 ans et deux femmes de 31 et 40 ans avaient été interpellés, a rappelé BFM TV. Les bijoux dérobés, considérés comme des trésors nationaux, n’ont toujours pas été retrouvés. Le ministère a promis l’annulation d’une baisse de 5,7 millions d’euros des dotations publiques au Louvre ou encore des recrutements et des revalorisations indemnitaires. Ces propositions ont été jugées insuffisantes par les syndicats.
La CGT Culture a rappelé, dans un communiqué, les raisons de la grève initiée en décembre. Le syndicat a exprimé plusieurs revendications : un changement de gouvernance, une priorisation des travaux de mise en sûreté et sécurité de l’établissement, l’arrêt du projet Louvre Grande Colonnade, la création d’emplois statutaires à la hauteur des besoins réels, une stabilisation des emplois des personnels contractuels. Les syndicats souhaitent aussi une revalorisation salariale et une réduction de la charge de travail. Ils demandent une amélioration des conditions de travail et de visite, une reconnaissance de l’expertise des personnels dans les processus de décision.

