portrait

Bourgeois protestant, militaire patriote et communard

Étonnante destinée que celle de Louis-Nathanael Rossel. Fusillé à l’âge de 27 ans par les troupes versaillaises peu après la Semaine sanglante, son nom reste celui d'un paradoxe en action.

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Publié le 7 juin 2021

Égaré dans les conflits de son siècle, ô combien présent dans ceux-ci, personnage profondément attachant, comprend-il vraiment le brasier qui l’entoure ?

La guerre franco-prussienne éclate et Louis-Nathanael Rossel sert à Metz. Il s’oppose violemment à Thiers et Bazaine, partisans de la capitulation. Après bien des péripéties au cours desquelles il reçoit le grade de colonel, il rejoint la Commune de Paris le 19 mars 1871, soit le lendemain du soulèvement du peuple parisien. Rappelons que l’insurrection découle du refus des Parisiens de laisser les canons de Montmartre être récupérés par le pouvoir de Thiers. Il prend donc fait et cause pour le prolétariat parisien qui est seul à vouloir continuer à se battre contre le rétablissement d’un régime monarchique à la faveur de la défaite. Patriote et républicain avant tout…

Il prend tout de suite des responsabilités militaires, chef de la 17e légion de la Commune, puis chef d’état-major de la Commune. Le 30 avril, il est nommé délégué à la Guerre.

Déboires

Au cours de ces deux mois que dure la Commune, son rôle est avant tout militaire ; ses déboires également. Il est atterré par l’organisation des troupes parisiennes, il tente par tous les moyens de constituer une armée efficace. Le 9 mai, il démissionne de son poste de délégué à la Guerre, considérant ne pas avoir les moyens de cette entreprise, qui rencontre un accueil hostile de la part de nombre de communards. Il est même accusé de fomenter un coup d’État. C’est peut-être Louise Michel qui décrit le mieux la place de Rossel, qu’elle a toujours défendu, dans la Commune : « Rossel avait la science des armées régulières, mais ignorait ce qu’est une armée d’insurrection. » Et d’ajouter encore, à propos de la démission de Rossel : « Ce fut une perte réelle, Versailles le prouve en l’assassinant. »

Du côté des vaincus

Le 21 mai, Paris insurgé tombe et commence alors la Semaine sanglante. Louis-Nathanael est arrêté un peu plus tard, le 7 juin. Il était caché dans un hôtel du boulevard Saint-Germain. Il déclare alors préférer être « du côté des vaincus, du côté du peuple ». Malgré de nombreuses interventions en sa faveur, il sera fusillé le 28 novembre 1871. Louis-Nathanael fut-il conscient un instant seulement de participer à la première révolution ouvrière de l’histoire ? Ce n’est pas sûr. Mais ce qui reste, c’est sa fidélité au peuple parisien.

Ce ralliement d’un fils de la Réforme, passionnément républicain, à ce qui est encore une inspiration des luttes actuelles, relève alors de ce qu’on peut bien appeler la fidélité évangélique.

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