Les rayons et les ombres, un film de Xavier Giannoli, avec Jean Dujardin, Nastya Golubeva, August Diehl
Jean Luchaire est journaliste. Il milite, avec son ami allemand Otto Abetz, pour la paix en Europe. Sa fille Corinne, quant à elle, est une jeune étoile montante du cinéma. Lorsque la guerre survient, puis l’occupation allemande, Jean fonde un quotidien, Les Nouveaux Temps, aidé par son ami Otto, désormais ambassadeur du Reich à Paris.
Les rayons et les ombres est une grande fresque historique, essentielle, glaçante, sur la collaboration en France au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Un film puissant dont on ne ressort pas indemne.
Inspiré de faits réels, le film est très documenté, avec un grand souci de précision historique. Le point de vue adopté est celui de Corinne, dont le récit est le fil rouge de l’histoire, tiraillée entre sa culpabilité de s’être laissée entraînée et aveuglée, et son amour pour son père.
La grande force du film est l’intelligence de son récit, qui s’efforce de rendre compte de la complexité du sujet, pour montrer le mécanisme insidieux de la compromission, lorsque de petites concessions transforment petit à petit un pacifiste convaincu en collaborateur des nazis, non par conviction mais par intérêt…
Par ailleurs, on est saisi par l’indécence des soirées fastueuses et orgiaques rassemblant une certaine élite, en plein milieu des horreurs de la guerre, et les magouilles de ceux qui profitent de l’occupation pour faire fortune.
C’est au terme de son récit implacable que le film libère tout son impact, et qu’il interroge sur la responsabilité individuelle face à […]

