Hommage

Joséphine Baker, laïcisation réussie

Joséphine Baker est entrée au Panthéon. Sa vie est le reflet presque parfait de l’idéal chrétien ; elle avait une foi extraordinaire, mais son ancrage chrétien a été consciencieusement oublié pour son entrée au Panthéon laïc.

Un contenu proposé par Ensemble - Sud-Ouest

Publié le 4 février 2022

Auteur : Corinne Gendreau

Les médias ont beaucoup parlé des prouesses de Joséphine Baker, sa réussite, sa faillite, ses combats, sa famille… Elle qui est entrée au Panthéon comme figure de résistance et de lutte antiraciste. Tout ceci est entièrement exact, mais on ne comprend le comportement de Joséphine Baker, son énergie extraordinaire que par le filtre de sa foi, de son désir de vivre comme Dieu l’a envisagé.

Une histoire

Joséphine McDonald de son vrai nom est née en 1906 dans une famille pauvre du sud des États-Unis, à Saint-Louis dans le Missouri. Comme le soulignait un journaliste, elle n’appartenait vraiment à aucune communauté, car sa mère était métisse et son père espagnol. Donc une famille déjà en marge d’une communauté noire privée des droits humains élémentaires (droits civiques, éducation, soins, transports…). C’est peut-être là l’origine de son caractère bien trempé, toujours à tenter sa chance, à ouvrir des portes… Faible mais rendue forte par une énergie, un Esprit qui la dépasse, l’Esprit de Dieu.

Joséphine Baker ose tout (comme Judith, Esther…), joue de l’autodérision et son talent de danseuse, d’oratrice…  Sa stratégie est gagnante car elle réussit.

Une installation en France

Naturalisée en 1937, Joséphine Baker va exprimer de la reconnaissance : « Je suis allée en France, vrai pays de la liberté, la démocratie, l’égalité et la fraternité. Là, mon âme fut en paix, mais je finis par me demander pourquoi à Saint-Louis, qui fut un temps une colonie française, les personnes de couleur n’ont pas les mêmes droits… alors qu’à Paris nous sommes aimés et respectés en tant qu’êtres humains et que la population des deux villes est majoritairement blanche. »

À chaque fois qu’elle retournera aux États-Unis, elle sera victime de racisme, ceci malgré son succès… Alors se développe chez elle une forme de reconnaissance pour sa nouvelle patrie ; on dit qu’elle a travaillé pour les services de renseignements français pendant la Seconde Guerre mondiale, au péril de sa vie. La reconnaissance qui l’habitait est une dimension essentielle de la foi : reconnaissance de l’action de Dieu dans ma vie, reconnaissance pour ses bienfaits. La reconnaissance est le contraire de l’autosuffisance, elle est expression d’une humanité fragile qui ne se suffit pas à elle-même. Joséphine était reconnaissante.

Le partage d’humanité avec ses enfants

Joséphine Baker, va constituer une sorte d’arche de Noé avec ses enfants adoptés sur tous les continents  ; douze enfants au total, comme les douze tribus d’Israël… Son acte est militant, presque politique  : elle veut montrer que par l’éducation, la paix peut régner entre personnes issues de communautés ethniques différentes.

Avec la paix entre ses douze enfants, elle veut montrer que la paix est plus forte que la violence, que la violence n’est pas automatiquement la conséquence des différences. Vivre d’amour, tous enfants de Dieu.

Un engagement dans la lutte contre la ségrégation faite aux noirs

Elle ne rate pas une occasion pour dénoncer le racisme. Elle va soutenir Martin Luther King et participer à la marche sur Washington en 1963, elle y prononcera un discours.

Elle est de toutes les luttes pour les droits humains. À la sortie de la guerre, elle luttera contre l’antisémitisme. L’ancrage « religieux » de ses engagements est une profonde aspiration de respecter la justice divine, l’ordre établi par Dieu.

Une grande dame, une grande foi.

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