Boualem Sansal a été élu à l’Académie française dès le premier tour, par vingt-cinq des vingt-six votants, jeudi 29 janvier, deux mois et demi après avoir été gracié par l’Algérie où il a passé un an en prison, indique Le Monde. « Je suis heureux, flatté, honoré, c’est énorme. Devenir académicien, c’est entrer dans l’histoire de France », a réagi l’écrivain franco-algérien après cette annonce. Boualem Sansal a été élu au siège numéro trois vacant depuis la mort, en 2021, de l’historien Jean-Denis Bredin. Il rejoint les 35 Immortels de l’Académie française. Arrêté en novembre 2024 à Alger, Boualem Sansal avait été emprisonné en Algérie, où il avait été condamné à cinq ans de prison, accusé « d’atteinte à l’unité nationale » après des déclarations en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières sur l’Algérie et le Maroc.

Après un an de prison, le 12 novembre 2025, il avait bénéficié d’une grâce accordée par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Boualem Sansal, auteur d’une trentaine de romans, de recueils de nouvelles et d’essais depuis 1999, a reçu le grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour 2084. La fin du monde (Gallimard, 2015). Il devient le 746ᵉ immortel de l’institution tricolore et prendra place à une date encore indéterminée, indique Actu.fr. Fondée en 1635 par Richelieu, l’Académie française a pour mission de « donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». Elle rédige un dictionnaire et se prononce sur des règles orthographiques.

L’élection de Boualem Sansal saluée par plusieurs politiques

Dans un communiqué publié jeudi 29 janvier, le Comité de soutien de Boualem Sansal a salué son élection à l’Académie Française. « Cette élection, tant demandée et souhaitée depuis des mois, a enfin lieu dans des conditions d’unanimité qui nous honore et qui l’honore. Elle récompense un homme et une œuvre puissante tenant un langage de vérité », a écrit son Comité de soutien.

L’élection de Boualem Sansal à l’Académie française a suscité de nombreuses réactions parmi la classe politique. Sur les réseaux sociaux, le président des Républicains, Bruno Retailleau, a félicité son « ami » qui va, selon lui, « illuminer l’Académie française de son talent, de son courage et de son sourire si chaleureux ». Pour Marine Le Pen, « l’Académie française honore un écrivain de talent, une figure emblématique du combat pour la vérité, dont la liberté de ton, le courage et la force des mots emportent l’admiration de la Nation ». Pour la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, « l’entrée de Boualem Sansal à l’Académie française est un symbole fort : celui d’une littérature qui résiste et d’un engagement sans concession pour la liberté d’expression ». Elle a ajouté que cela « envoie un message fort en France et à l’international ».