Le Printemps des poètes est une manifestation qui, partout en France, allume des foyers de poésie, dans les librairies, les écoles, les institutions culturelles… Bref, partout où il y a des poètes et des amateurs qui se réunissent pour fêter ensemble un renouveau des idées et des impressions.
Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’à la même période, dans la Grèce antique, étaient organisés des festivals de poésie dramatique, les Grandes Dionysies, qui ont produit une bonne part du soubassement de la culture occidentale. Chaque courant de pensée, chaque terroir produit sa vision du monde ; quand elle est exprimée en poésie, elle enrichit le patrimoine de l’humanité.
Une soirée de gala à l’Académie de Marseille
À Marseille où je vis, tout un ensemble d’initiatives diffusera la poésie actuelle. Avec d’autres artistes, nous préparons au sein de l’Académie des sciences, lettres et arts de Marseille, une soirée de gala, le 26 mars, visant à faire émerger des œuvres typiques du sud, avec tout l’imaginaire qu’inspire le contact sensoriel avec la mer.
Nos Églises ne peuvent qu’être appelées à participer à ce mouvement. Car la sensation de la présence de Dieu et l’expression de la foi ne peuvent guère se traduire à travers l’objectivité raisonnable de la prose. Il faut y insérer, en plus, les émotions, le sentiment de la grâce, de l’émerveillement… Seule la poésie peut y parvenir, avec les intuitions que suggèrent ses mots inattendus et l’enchantement de sa musique intérieure. Pour témoigner de la présence vivante du protestantisme, parmi tous les aspects de la pensée contemporaine, il est donc nécessaire de favoriser le développement d’une littérature sensible et maîtrisée, capable de parler au cœur et à l’esprit de chacun, dans et en dehors de l’Église.
Certes, le printemps, avec la renaissance de la nature, est favorable pour faire naître […]
