Laisser les vers de Sous l’arche d’eucalyptus vibrer dans ses oreilles, cela revient aussitôt à entrer dans une aventure humaine. Infirmière, Jacqueline Wosinksi se retrouve en 1986 au Rwanda où elle est témoin de la violence qui monte en puissance. Si elle quitte le pays dès 1991, le génocide qui suit, en 1994, la marque comme si elle était là. C’est l’heure du face à face avec le mal radical incarné par des gens qui choisissent de massacrer les voisins auxquels ils souriaient la veille. C’est aussi le face à face avec l’impuissance devant la mort des amis qu’on sait livrés aux mains de meurtriers fanatiques. Au bout du bout, il n’y a que la poésie pour aider à soigner la déchirure… Sous l’arche d’eucalyptus devient ainsi le reflet d’un cheminement long de 30 ans et comme une sentinelle pour le présent : selon la poétesse, le danger du mal guette notre humanité et celle-ci a du coup besoin de garde-fous pour ne pas se laisser séduire par ses sirènes.
La poésie peut en effet prendre le relais quand la raison est dans l’impasse pour nommer le réel, ou quand elle devient piégée par des préjugés qui l’aveuglent au point de ne plus percevoir la souffrance du prochain. Le son, le rythme et les images vont droit au cœur. Ils lui redonnent de l’espérance. Ils l’encouragent. Ils l’apaisent. Le roi Saül […]

