Mini-série

« Small axe » : une fresque magistrale en cinq tableaux

Cinq films qui évoquent les conditions de vie des britanniques Noirs entre la fin des années 60 et le début des années 80.

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Publié le 19 mars 2021

Auteur : Vincent Miéville

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Plus qu’une mini-série, Small Axe est une anthologie de cinq films d’une durée variable (le plus court fait à peine plus d’une heure, le plus long, plus de deux heures), tous réalisés par Steve McQueen (12 Years a Slave) et qui ont en commun d’évoquer les conditions de vie des britanniques Noirs entre la fin des années 60 et le début des années 80. Cinq films qu’on peut regarder indépendamment les uns des autres mais qui proposent ensemble une fresque passionnante, engagée et tout simplement indispensable.

Mangrove

Le premier est un véritable film coup de poing, autour du procès des Mangrove Nine, un groupe de militants noirs britanniques jugés pour avoir prétendument incité à une émeute lors d’une manifestation de 1970 qui protestait contre le ciblage abusif par la police de The Mangrove, un restaurant caribéen à Notting Hill, à l’ouest de Londres.

C’est un film magistral qui décrit, dans sa première moitié, les humiliations, le harcèlement et les violences racistes subies par les Noirs à Londres à la fin des années 60 et au début des années 70. Et dans sa deuxième moitié, il évoque le procès des Mangrove Nine, un événement marquant dans l’histoire de la lutte pour les droits civiques des Noirs au Royaume-Uni.

Film politique puissant et engagé, Mangrove est magistralement mis en scène par Steve McQueen qui trouve un rythme et un équilibre parfait pour décrire la colère qui monte, la tension qui devient insoutenable. Avec quelques scènes d’une intensité rare, notamment dans la deuxième moitié du film (pendant le procès, dans ses coulisses, le moment du verdict final…), portés par d’excellents acteurs, en particulier Letitia Wright et Shaun Parkes (dont un face-à-face dans les coulisses du procès est un des grands moments du film). Indispensable.

Lovers Rock

Dans les années 80, alors que les jeunes Noirs ne sont pas les bienvenus dans les boîtes de nuit, une jeune fille fête son anniversaire et organise une grande fête, dans une maison, où se retrouvent plein de jeunes, bien décidés à s’amuser et trouver l’amour.

Lovers Rock est un véritable trip musical, sensuel et animal, parfois assez radical d’un point de vue formel. C’est visuellement fascinant. Dédicacé, dans le générique de fin, à tous les amoureux et les rockeurs, le film laisse planer une fausse insouciance sur ces jeunes qui passent cette soirée d’anniversaire. Car le danger et la violence ne sont pas loin : en dehors de la maison (avec une bande de jeunes blancs, une voiture de police), mais aussi au fond du jardin, à l’écart de tout le monde… Et puis quelques questions restent en suspens : qu’est-il arrivé à Patty quand elle a quitté la soirée ? Enfin, il y a le retour à la vie normale, dans les toutes dernières minutes du film, loin, justement, de l’insouciance de la fête… Brillant.

Red White Blue

Leroy, un brillant jeune homme d’origine afro-caribéenne, est médecin légiste. Mais un jour, alors que la police londonienne cherche à recruter des agents issus de la communauté noire, il décide de postuler. Et il espère bien faire évoluer le système de l’intérieur… Sa démarche est très mal prise par son père, qui la comprend comme une trahison, d’autant qu’il vient, lui-même, d’être récemment arrêté de façon abusive et roué de coups par des policiers racistes. Leroy va alors devoir faire face au racisme de ses collègues et aux réactions hostiles des siens.

 

Inspiré d’une histoire vraie, Red White Blue est une chronique sociale désabusée, toute en colère rentrée. Un sentiment qui ressort avec force dans la formidable dernière scène du film et le dialogue entre Leroy et son père. Avec l’excellent John Boyega, le film n’est pas le plus spectaculaire de l’anthologie mais sa sobriété est incontestablement sa  […]

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Pasteur de l’Eglise évangélique libre de Toulouse et président de l’Union des Eglises évangéliques libres de France, Vincent Miéville est aussi un blogueur passionné qui partage ses écrits sur quatre sites internet : Le cinéma de Vincent (critiques de film), Le blog de KerouVim (critiques culturelles plurielles), Blog-notes de Vincent (réflexions, questions, avis en lien avec l’actualité… ou pas !), Les prédications de Vincent.

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