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La francophonie découvre la série « The Chosen »

The Chosen, prévue sur sept saisons, est une série basée sur la vie de Jésus de Nazareth, filmé à hauteur de femme et d'homme. Mais quels sont, au juste, les atouts de cette saga ?

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Publié le 17 décembre 2021

Auteur : Sébastien Fath

The Chosen est une série télévisée qui fait le buzz ! Très populaire, saluée pour sa qualité, elle a commencé sa diffusion au printemps 2019. Réalisée par l’Américain Dallas Jenkins, elle a attiré l’attention de plus de 300 millions de personnes, tous supports confondus, et s’apprête à être diffusée… en langue française.

La chaîne C8 la proposera en prime time le 20 et le 27 décembre 2021. Un beau cadeau de Noël à la francophonie ? Une mobilisation interconfessionnelle se prépare, par ailleurs, pour mettre en valeur sur la durée les atouts de cette série phénomène, et sensibiliser les foules, détachées des Eglises, au message et à la personne de Jésus-Christ. 

Mais quels sont, au juste, les atouts de cette saga ? Elle fait vibrer quatre cordes. La série propose une offre fraternelle, compassionnelle, transformationnelle et transconfessionnelle. 

Fraternelle 

Les saisons 1 et 2 de la série sont contemporaines de la pandémie Covid19. Ce n’est pas anodin. La grande peur générée par la dissémination du Coronavirus a multiplié les politiques de confinement, de protection, de « distanciation sociale » (sic). Beaucoup ont souffert socialement et psychologiquement du déclin de la convivialité induit par la pandémie. L’isolement, la dépression, la misère affective ont gagné des points. Le succès croissant de la talentueuse série The Chosen peut en partie se comprendre dans cette perspective. On y chemine avec Jésus et ses disciples, hommes et femmes, qui vivent au quotidien dans un régime de fraternité. Le charisme paisible et espiègle de Jonathan Roumie, qui joue le rôle de Jésus, n’est pas pour rien dans l’ambiance chaleureuse et fraternelle qui nous est montrée au cours des épisodes. On découvre une communauté inclusive et ouverte marquée par beaucoup de convivialité, d’affection, d’humour, de proximité tactile, de solidarité aussi. Les barrières qui excluent, y compris entre hommes et femmes, tombent sous l’effet prophétique de la parole de Jésus, qui inclut « choisies et choisis » dans une fraternité élective attachante. 

Compassionnelle 

Très travaillé dans la série, le personnage de Marie Madeleine, interprété par Elisabeth Tabish, incarne l’effet, présenté comme surnaturel, de la compassion active de Jésus. Parce que la souffrance qui la possédait s’en est allée, Marie, auparavant surnommée Lilith, est apaisée, guérie, presque transfigurée (épisode 1 de la saison 1). C’est l’une des plus engagée et fidèle auprès de Jésus. Bien d’autres personnages de la série, directement inspirée des Evangiles, sont au bénéfice du regard de compassion du Nararéen, à l’image de la femme samaritaine (épisode 8, saison 1). Au début d’une décennie 2020 marqué par les crispations identitaires et les discours de rejet, cette empathie active et thérapeutique apparaît comme un des fils directeurs de la série. Avec un puissant d’effet de consolation sur des populations, notamment francophones, malmenées par l’actualité économique, sociale, politique, sanitaire. Message en filigrane : ne pensons pas qu’au vide qui nous sépare ! 

Transformationnelle 

A l’heure où la rhétorique du changement personnel a envahi le discours psychologique, mais aussi commercial et religieux, The Chosen bat des records. Le numéro 4 du magazine On est ensemble, qui se penche en détail sur la série, salue une « idée brillante que Dieu a transformé en raz-de-marée » (1). A rebours du fatalisme, de la résignation, de l’assignation, le Jésus montré dans chaque épisode bouge les lignes, transforme, restaure. Chaque épisode nous gratifie, sans nous assommer, de trajectoires corrigées, de dos redressés, de sourires retrouvés, de blessures guéries, d’ambitions rénovées, de projets renouvelés. Simon Pierre, interprété par Shahar Isaac,  et Matthieu, joué par Paras Patel,  l’illustrent. Pécheur galiléen endetté et combinard, dans le premier cas, collecteur d’impôt psychorigide et ultra-rationnel dans le second cas, ils se transforment peu à peu sous nos yeux au contact de Jésus. Par leurs failles et leurs tâtonnements, ils attirent notre sympathie. Et que dire de Jesse le paralytique (Dennis Apergis), à la recherche depuis 38 ans d’un remède ? Sa guérison provoque aussi une réconciliation entre deux frères ennemis (épisode 4, saison 2). La dynamique transformationnelle illustrée dans la série distille une bonne humeur contagieuse. Comme pour suggérer à toutes et tous : oui, c’est possible, on peut changer ! 

Transconfessionnelle 

Un dernier atout de la série, et non des moindres, est son inspiration transconfessionnelle. Les étiquettes restent au vestiaire. La production, la distribution, la réalisation de la série The Chosen ne dépendent pas d’une institution religieuse, d’une identité confessionnelle particulière. Des chrétiens de rattachement différents, des juifs messianiques, et même quelques non-chrétiens, se sont unis pour proposer une interprétation visuelle immersive, riche et nuancée du ministère de Jésus. Cette dimension transconfessionnelle est en consonnance avec les tendances qui traversent aujourd’hui la francophonie. Les attentes des populations articulent liberté, circulation et spiritualité, plus que contrainte, cloison et institution. Le rayonnement significatif, durant la pandémie, du réseau #OnEstEnsemble, coordonné par le pasteur Eric Célérier (2), illustre cette aspiration dans l’espace francophone. The Chosen s’inscrit dans cette élan d’une foi sans étiquette, qui valorise la relation plus que la religion : jusqu’où cet appel à un « Evangile relationnel » (3), via les sept saisons prévues, mobilisera-t-il la francophonie ? Début de réponse dans quelques jours, avec une première diffusion sur la chaîne C8.

(1) « Une si bonne nouvelle », numéro 4 du magazine On Est Ensemble, décembre 2021, p.12

(2) Auteur de Connexions divines, Paris, ed. Première Partie, 2016.

(3) L’expression vient de Yannick Fer, Pentecôtisme en Polynésie française, l’Evangile relationnel, Genève, Labor et Fidès, 2005.

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