Droits de l'homme

Guerre en Ukraine : en Russie, la presse muselée

Une nouvelle loi criminalise les journalistes qui ne se conforment pas au récit du Kremlin sur la guerre en Ukraine, entraînant la suspension des activités de plusieurs médias occidentaux.

Un contenu proposé par Le blog de Camille Verdi

Publié le 9 mars 2022

Auteur : Camille Verdi

Pendant que la police russe réprime les manifestants qui s’opposent à la guerre que Vladimir Poutine mène en Ukraine et que des médias russes indépendants du pouvoir ont dû cesser leurs activités, leurs homologues occidentaux, eux aussi, sont visés. Mardi 8 mars, le New York Times a annoncé avoir décidé d’évacuer ses journalistes de Russie. En cause, une nouvelle loi, signée vendredi 4 mars par le maître du Kremlin, qui incrimine la propagation d’informations visant à “discréditer” les forces militaires russes. Le texte punit par ailleurs tout appel à sanctionner Moscou. Les risques pour les journalistes ? Jusqu’à 15 ans de prison.

Dans le contexte de la guerre de l’information, il fallait adopter une loi dont la fermeté était adaptée, ce qui a été fait”, a justifié le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov. En clair, cette nouvelle législation “vise à criminaliser la couverture indépendante et fidèle à la réalité de la guerre en Ukraine”, déplore le quotidien américain dans un message transmis à l’AFP, cité par Le Figaro. “Pour la sûreté et la sécurité de notre personnel éditorial travaillant dans la région, nous les transférons hors du pays pour le moment”.

“On s’adapte”

D’autres ont déjà suspendu l’activité de leurs correspondants en Russie. Tel est le cas des radiotélévisions publiques britannique BBC, canadienne CBC/Radio Canada, allemandes ARD et ZDF, ou espagnole RTVE, ainsi que les agences américaine Bloomberg News et espagnole EFE. “L’agence EFE regrette profondément cette grave attaque à la liberté d’expression, une tentative évidente du Kremlin de cacher la vérité à l’opinion publique”, s’est indignée la présidente de l’organe de presse Gabriela Cañas, citée par Le Monde.

Côté français, c’est peu ou prou la même chose. L’AFP attribue ses dépêches moscovites à son bureau sur place et non plus à un auteur en particulier, note Le Monde. Les correspondants à Moscou de BFM TV n’apparaissent plus à l’antenne. “On examine la situation tous les jours, plusieurs fois par jour, et on s’adapte”, confie Thierry Thuillier, le directeur de l’information de TF1, au quotidien. “En raison des lois adoptées par la Russie dans le cadre de son ‘opération spéciale’ en Ukraine, je préfère ne plus publier ici. Cela me semble plus honnête que de peser mes mots s’agissant de ce qui se passe en Ukraine. Ça ne change rien à ma couverture de la Russie dans mon journal”, a tweeté le correspondant du Monde à Moscou, Benoit Vitrine, le 4 mars, jour où la nouvelle loi a été votée.

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