Mon Caire à moi

Mon Caire à moi

Professeur titulaire dans un établissement scolaire privé au Caire, Christel Schlick égrène une journée de travail type sur les rives du Nil.

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Publié le 5 mars 2019

Il est 5h00 «Le Caire s’éveille» aurait pu chanter Jacques Dutronc. C’est au son du muezzin que je me lève. Un bus de l’école destiné aux personnels de l’établissement scolaire vient me chercher au cœur du centre-ville du Caire. Il me fait traverser cette ville gigantesque à travers un réseau routier improbable qui surplombe des immeubles grisâtres avant d’atteindre des jardins verdoyants arrosés par les eaux du Nil. Nous longeons quelques palmeraies, au loin j’entraperçois les pyramides avant d’arriver à mon lieu de travail surgit de nulle part en plein désert. Des compound en construction l’entourent, ces fameuses villes dans la ville, entourées de hauts murs protecteurs.

Il est 7h40. Le drapeau égyptien flotte au-dessus de la cour gazonnée. Les élèves sont en rang deux par deux en uniforme bleue et entonnent l’hymne national comme chaque matin.

A 7h45, les élèves de la classe de 5e se présentent devant ma salle. Nous nous souhaitons mutuellement le bonjour tout en les invitant à rentrer en classe. La classe est un peu agitée. Certains ont des difficultés à s’exprimer en langue française, mais la plupart maîtrisent parfaitement l’arabe(langue maternelle) et l’anglais qu’ils ont appris dès leur plus jeune âge. Et en plus cette année, ils ont commencé à apprendre l’espagnol.

Participatifs et enthousiastes

Parmi ces élèves participatifs et enthousiastes, je découvre un élève qui semble ne pas être dérangé par l’agitation ambiante puisqu’il dort sur sa table, bienheureux ! Je le réveille gentiment accompagnée des rires des autres enfants. Pourquoi est-il si fatigué ?

Après sa longue journée d’école (8h de cours par jour) passant du programme français au programme égyptien, il atteindra son club de sport à 1h de route du Lycée à cause notamment des embouteillages. Il va faire du water polo durant 2 heures puis rentrera chez lui vers 20h00 pour manger ce que lui aura préparé sa nani, l’aide-ménagère de la famille. A moins que sa mère prévoyante lui ait commandé son plat préféré ? A 20h30, il skype avec son père qui est à Dubai pour son travail où les salaires sont plus importants qu’en Egypte. 21h00, il est temps de faire ses devoirs. Vers quelle heure se couchera-t-il ? Entre les devoirs à terminer, les réseaux sociaux à consulter et à alimenter et le jeu vidéo à jouer ? Le lendemain il se lèvera comme moi à 5h00 du matin.

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