Par Patrick Wintrebert
Wanquetin possède la communauté la plus importante avec 283 paroissiens au recensement de 1805, suivi par Famechon (123), Verdrel (113), Achicourt (92) et Barly (60).
Présentation d’ensemble
Le décret du 16 mai 1805 crée pour le département cinq oratoires : Achicourt, Noyelle-Vion, Pas-en-Artois, Sombrin et Wanquetin, rattachés d’abord à l’église consistoriale de Rouen, puis en 1822, à celle de Lille. Le nombre d’oratoires est alors ramené à deux : Achicourt et Wanquetin, avec comme annexes Barly au lieu de Sombrin, Famechon à la place de Pas-en-Artois et Verdrel qui remplace Noyelle-Vion. La priorité pour les religionnaires est la venue d’un pasteur et de pouvoir célébrer le culte dans un lieu approprié. Dès 1804, les anciens d’Achicourt et de Wanquetin réclament auprès du président du consistoire de Paris un ministre. C’est chose faite en 1821 avec l’arrivée de Philippe Bellot. Le 16 avril 1823, une ordonnance royale le nomme pasteur de l’église consistoriale de Lille, au service des oratoires du Pas-de-Calais. Jusqu’en 1841, date de son départ il se consacre à l’organisation des paroisses et à la construction des temples.
L’édification des lieux de culte intervient durant le second quart du siècle. Il a fallu attendre le passage de Lainé au ministère de l’Intérieur en 1816-1817, pour que l’administration favorise ces entreprises en apportant des subventions. Les communautés font preuve en la matière d’une grande vitalité, tant sur le plan financier, qu’en fournissant des matériaux pour en limiter le coût et en mettant la main à la pâte.
L’extrait d’une lettre du pasteur Bellot publiée en 1822 dans les Archives du christianisme illustre le climat de ferveur religieuse et les conditions qui ont présidé à ces chantiers : « Nous avons présenté au préfet le plan et le devis d’un temple que nous allons bâtir à Wanquetin ; et la permission de commencer les travaux nous est accordée. Depuis le jour de l’an, on travaille à préparer les matériaux ; nous nous proposons avec la grâce du Seigneur, de poser la première pierre avant le mois d’avril, et de faire l’ouvrage de cette maison de prière avant la moisson. Hommes, femmes, enfants, le pasteur même, attendent avec impatience le moment favorable pour mettre la main-d’œuvre. L’avant dernière fois que je visitais l’oratoire de Verdrel, je fis part à toute l’Église rassemblée de ce que nous faisions à Wanquetin ; et je proposais de suivre l’exemple de nos frères, et de commencer sur le champ à recevoir des dons pour bâtir un petit temple. Un des plus zélés offrit de donner le terrain ; j’en pris note ; un autre offrit le plus bel arbre de sa propriété ; un autre, le bois pour les portes et les fenêtres ; un autre, tout l’ouvrage en fer, et ainsi de suite. Je trace moi-même, dans ce moment, le plan du temple, d’après les dimensions dont on convint dans cette assemblée. »
Ces édifices de la campagne sont des constructions modestes, adoptant un plan sensiblement identique et généreusement éclairé. Bâtis avec des moyens de fortune, ils sont fragiles et doivent parfois être reconstruits peu après leur mise en service avec l’aide de l’État.
Wanquetin, le temple des Hauts Capiaux
Hauts Capiaux : selon un historien local, Pierre-Ignace Le Carlier (1686-1754), c’est ainsi que l’on désignait au XVIIIe siècle les protestants de Wanquetin et des environs. En dépit des menaces répressives qui pesaient sur eux, ceux-ci ne craignaient pas d’afficher fièrement leurs convictions religieuses. L’origine du protestantisme dans le village remonte au moins au XVIIe siècle. Il pourrait être le fruit du passage de prédicateurs venus de Picardie, tel Mathieu Nourtin condamné pour hérésie en 1755 par le Conseil d’Artois, qui auraient trouvé à Wanquetin et dans ses environs, mais aussi à Achicourt et dans la région de Pas-en-Artois, un contexte particulièrement favorable.
Pendant la Révolution, le culte est célébré quelque temps dans l’église paroissiale, puis dans des maisons particulières. Pour la belle saison, on cite la grange de M. Loir, située en face du futur lieu de culte. Wanquetin ainsi que les autres oratoires du département reçoivent à l’époque la visite au moins deux fois par an, au printemps et à l’automne, de Jean de Vismes, pasteur à Quiévy, puis, après le Concordat, à Valenciennes.
C’est en 1821 que le chantier du temple est lancé. Le terrain est donné par […]
