Une pétition de CitizenGo alerte sur un risque majeur selon eux : l’introduction au niveau européen de l’auto-identification de genre pour les mineurs sans restriction d’âge. Cette inquiétude fait suite à la nouvelle stratégie LGBTIQ+, 2026-2030, adoptée par la Commission européenne, qui promeut une reconnaissance du genre fondée sur l’auto-détermination, potentiellement applicable dès l’enfance. Pour nous éclairer sur ce sujet sensible et sur les implications pour les familles françaises, je reçois aujourd’hui Anne Brunette, directrice des campagnes CitizenGo France.

La nouvelle stratégie européenne LGBTIQ+ comporte des éléments que CitizenGo considère particulièrement préoccupants concernant les mineurs. Selon la pétition, cette stratégie inclut une mesure qui pourrait permettre à un enfant de changer d’état civil sans accord parental ni évaluation médicale, une approche que l’organisation juge problématique. CitizenGo met également en avant un risque d’ingérence européenne dans le droit familial national, en pointant les conséquences que cela pourrait avoir en France. S’ajoute à cela une inquiétude croissante liée à l’augmentation des demandes concernant la dysphorie de genre chez les jeunes, avec des données récentes considérées comme particulièrement préoccupantes.

« Selon moi, le problème vient du fait que la reconnaissance juridique du genre reposerait uniquement sur l’autodétermination, sans limite d’âge ni exigence médicale, ce qui permettrait même à un enfant de modifier son sexe à l’état civil. Je considère qu’un mineur ne peut pas mesurer les implications d’un tel acte et qu’il existe un risque important, puisque beaucoup d’enfants qui ressentent une dysphorie n’exprimeraient plus ce désir une fois adultes. J’estime aussi que l’Union européenne s’ingère dans des domaines qui relèvent des États, comme le droit de la famille, en poussant ce type de législation. Et à mes yeux, l’augmentation récente des discours autour de la transidentité chez les jeunes s’inscrit dans une dynamique idéologique, alors que les questionnements identitaires font naturellement partie de l’adolescence. »

Les décisions récentes de pays comme la Suède, la Finlande ou l’Angleterre de restreindre les transitions chez les mineurs viennent nourrir la position défendue par CitizenGo. Pour ce mouvement, l’école pourrait devenir un lieu de pression idéologique, alors qu’un rôle plus prudent et plus protecteur est attendu sur ces sujets sensibles. Les risques médicaux liés aux bloqueurs de puberté, aux traitements hormonaux et à la possibilité d’une stérilisation future sont mis en avant, tandis qu’une demande d’encadrement ou de limitation claire de ces pratiques est formulée. Un message est également adressé aux familles, aux médecins et aux décideurs politiques autour de la question de l’auto‑identification de genre chez les mineurs, invitant chaque acteur à se positionner face à ces enjeux.

« À mes yeux, les scandales survenus dans certains pays, comme au Royaume‑Uni avec la remise en cause de pratiques liées aux bloqueurs de puberté, montrent que les procédures autour des transitions des mineurs doivent être beaucoup mieux encadrées. Je considère que l’école devrait rester neutre et ne pas encourager une démarche de transition, et surtout que les parents doivent être informés et protégés, plutôt que mis à l’écart ou soupçonnés lorsqu’ils expriment des réserves. Pour moi, un mineur n’a pas la maturité nécessaire pour prendre ce type de décision, d’autant plus que l’adolescence est une période de profonds bouleversements hormonaux et émotionnels. Et c’est pour cela que j’appelle à instaurer des lois visant à protéger les enfants, en écartant toute démarche médicale ou juridique de transition avant l’âge adulte. »

Une émission de Phare FM.