Accueil des migrant(e)s : hommage aux invisibles

Le point de vue de Sébastien Fath, chercheur au CNRS, membre du groupe Sociétés, religions, laïcités

Accueil des migrant(e)s : hommage aux invisiblesLa vague migratoire vers l’Europe ne s’arrêtera pas. Comment faire ? État et institutions ont bougé. Au sein du protestantisme, la Fédération de l’entraide protestante (FEP) s’est mobilisée, emboîtant le pas à la CIMADE, association œcuménique. Mais n’oublions pas les invisibles. Des centaines d’Églises multiculturelles, constituées pour bonne part de migrants, accueillent depuis longtemps, avant les effets de mode, misères et blessures.
Elles fournissent une accolade, un kebab, un sourire, des paroles d’espoir. Et proposent un toit, une aide administrative, des cours de maths ou de conversation française. Ces Églises souffrent souvent de relégation. Elles n’appartiennent pas à la famille de l’indignation subventionnée.
Autogérées dans l’ombre, elles sont fragiles, précaires. Mais « c’est la vulnérabilité qui fait que l’autonomie est une condition de possibilité » (Paul Ricœur). Chez-elles, le « pâtir » devient force pour « agir ». Loin des caméras mais non sans efficacité. Elles relèvent de cette « invisibilité sociale » décrite par le philosophe Guillaume Le Blanc. Invisibles, mais puissantes de par leur faiblesse même, rejoignant la sagesse biblique (2 Corinthiens 12 : 9). Qu’hommage leur soit rendu.

Le 12 octobre 2015


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