In, out and after

Le point de vue d’André Gounelle, pasteur, professeur honoraire de l’Institut protestant de théologie de Montpellier.

Point de vue d'André GounelleUne île peut-elle s’intégrer à un continent ? L’Angleterre s’est toujours située à la marge, à la fois dedans, à l’intérieur, et dehors, à l’extérieur. Ce n’est pas nouveau. Ainsi, au 16è siècle, la Réforme anglicane a une histoire singulière ; s‘y succèdent les « oui » et les « non » au catholicisme et au calvinisme. La solution adoptée – un compromis – n’a pas convenu aux puritains qui, mécontents et déçus, sont partis fonder les États-Unis. Les britanniques trouveront-ils une issue aussi féconde à leur conflit entre pro et anti européens ? Tout au long de leur histoire, ils se sont sentis et on les a perçus à la fois semblables et différents, très  proches et très éloignés.

« Grexit », « Brexit », ces mots nouveaux et barbares, m’évoquent l’exode, la sortie des hébreux d’Égypte sous la conduite de Moïse, et aussi la séparation des chrétiens d’avec les juifs au début de notre ère. Je pense également à la rupture entre catholiques et protestants au moment de la Réforme, à l’exil des huguenots dont on disait qu’ils « sortaient de Babylone ».

Dans tous les cas, qu’on choisisse de rester ou de partir, se pose une question qu’il ne faut surtout pas oublier ou négliger : quelle relation va-t-on établir avec l’autre, une fois la décision prise soit de rompre soit de demeurer ensemble ? L’important n’est pas la place où on se trouve, mais ce qu’on fait ; il ne nous faut pas penser en termes d’espace, mais de temps.


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