Orthodoxie, un schisme sans profondes différences théologiques

L’Église orthodoxe est née du grand schisme de 1054. À l’époque, la zone d’influence chrétienne est administrée par deux pouvoirs politiques et culturels rivaux basés à Rome et à Constantinople. L’éloignement géographique des deux centres chrétiens a exacerbé les rivalités politiques et amplifié les divergences théologiques pour culminer au schisme du 16 juillet 1054. Son impact réel ne se fera toutefois réellement sentir qu’en 1204 lors du détournement de la quatrième croisade et de la mise à sac de Constantinople.

Si les différences théologiques étaient peu profondes lors du schisme, elles existaient toutefois. Voici les trois principales :

 

  • La primauté du Pape : pour les Églises orthodoxes, le Pape est le patriarche de Rome, mais pas comme le chef de l’Église.
  • Le credo du Saint-Esprit : dans le monde orthodoxe, le Saint-Esprit procède du père (saint Jean 15:26), alors que pour les catholiques, il émane du père et du fils à la suite de l’ajout du mot filioque sur l’insistance de Charlemagne.
  • L’Immaculée Conception : un désaccord théologique existe entre catholiques et orthodoxes sur le moment où la Vierge Marie reçoit la grâce du Saint-Esprit.

Depuis, huit siècles de pratiques religieuses distinctes entre les deux Églises ont contribué à développer des rites, une liturgie et des règles différentes.


La Réforme, un grand schisme aux motivations théologiques

Le schisme protestant survient au XVIe siècle sous l’impulsion de réformateurs comme Martin Luther, Jean Calvin ou Ulrich Zwingli. Mus par la conviction que l’Église doit vraiment enseigner la parole de Dieu, ces hommes formulent une nouvelle doctrine qui repose sur le salut par la foi sous l’autorité exclusive de la Bible.

La doctrine luthérienne considère ainsi que les œuvres humaines n’ont aucun rôle dans le salut individuel. Elle repose sur trois piliers qui rompent radicalement avec la tradition catholique : le salut par la foi, le sacerdoce universel et l’autorité de la seule Bible.

En consacrant l’égalité par le baptême de tous les chrétiens et affirmant la seule autorité de la Bible, les réformateurs protestants rejettent l’organisation traditionnelle des Églises catholiques et orthodoxes qui repose sur un clergé ordonné pour représenter le Christ.

La prise en considération par les protestants des seules Écritures, les conduit à rejeter les dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, car ils reconnaissent uniquement à Marie ce qui est dit sur elle dans la Bible.


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