Propos recueillis par Françoise Marti

Cher Jan-Albert, vous êtes pasteur à Lille-Centre depuis quelques années. Vous êtes originaire des Pays-Bas, et pourtant vous exercez en France. Pourquoi ce choix ? 

J’ai fait mes études de théologie à l’Université d’Utrecht au Pays-Bas ; à la fin de ces études, on a un entretien avec la Commission des Ministères pour savoir où on voudrait aller, et en fait, c’est pendant cet entretien que j’ai exprimé mon désir d’exercer un bout de temps à l’étranger, pour prendre un peu de distance, pour faire une expérience dans une Eglise-sœur, etc… et pendant cet entretien, le président de la CDM me montre un appel d’une église locale, en Lot et Garonne, à Castelmoron sur Lot : le Conseil Presbytéral a écrit à l’Eglise néerlandaise, la « grande sœur » pour savoir s’il y aurait un jeune pasteur qui pourrait venir pour aider sous forme de suffragance. Et j’ai donc répondu favorablement à cette demande, pas forcément pour exercer tout mon ministère à l’Eglise Réformée de France. Je suis donc allé avec Hetty, mon épouse, dans la vallée du Lot. Ensuite, j’ai rencontré la commission des ministères de l’Eglise Réformée de France, c’était en 1990, et finalement, j’ai accepté de faire un proposanat ; et après le proposanat, j’ai terminé mon mandat, et c’est ainsi que mon parcours est resté lié à l’Eglise Réformée de France. Ce n’était pas forcément le projet initial, mais c’est la vie qui déborde,  qui a fait que l’on est restés. Je garde toujours en moi une reconnaissance profonde pour notre Eglise qui m’a accueilli.

Ça ne vous dérange pas d’exercer dans un pays étranger ? 

La preuve : je suis toujours là ! 

Et  après le Lot-et-Garonne ? 

Après le poste dans le Lot et Garonne, ministère rural, ensuite il y a eu la Côte d’Opale, dans le Nord, (Dunkerque, Hazebrouck, Saint-Omer, Desvres, Calais…), puis j’ai accompli 9 ans comme Président du Conseil régional de la Région Nord-Normandie, et enfin j’ai commencé mon ministère en Métropole lilloise. J’ai également été membre du Conseil National. Mes engagements au niveau de l’institution de l’Eglise m’ont appris l’importance des règles qu’on se donne pour créer de l’espace pour l’annonce de l’Evangile.

Et donc, Lille vous convient, bien que ce soit le Nord de la France… 

Ici, je suis un peu sur mes terres natales, c’est un peu les Pays-Bas du sud ! 

Et vous avez pu expérimenter toutes les sortes de ministère : paroisses rurales, disséminées, grande ville… Est-ce qu’il y a une grande différence pour appréhender ces différentes réalités ? 

Oui, c’est vrai, notre Eglise connaît des réalités très diverses, très différentes, mais on se sent toujours chez soi, c’est toujours cette même Eglise Protestante française qui se décline selon ces contextes différents… Pour moi il n’y a pas grande Eglise ou petite Eglise, il y a Eglise ou il n’y a pas Eglise, voilà !

Mais l’exercice pastoral ne change-t-il pas en fonction de ce contexte ? 

Il y a des points communs : prédication, catéchèse, tout ce qui est lié à la transmission, c’est le même effort ; et même ce qui entre dans l’accompagnement des personnes– c’est tout de même le B-A BA du ministère pastoral, c’est le même métier. C’est vrai que dans une paroisse rurale, on est plus en contact de gens liés à la terre. Dans une métropole urbaine comme Lille, la sociologie est complètement autre, mais […]