Un matin de Noël, après la saynète des enfants, elle a balancé une miniprédication sur les gens peu fréquentables qui entouraient le nouveau-né (lire l’encadré). « Tu avais fumé du bon », lui dit alors le président du Conseil de paroisse. 

Elle en sourit encore, avec malice, la fine théologienne, grande lectrice aussi bien de l’écrivain spirituel Louis Evely (« Je trouve chez lui ma propre foi mise en mots ») que de Bonhoeffer, de Jean de la Croix, du Valaisan François Varone (Ce Dieu censé aimer la souffrance – tout un programme). 

Et de Giono, car l’amour de la nature et des animaux est un de ses moteurs. Si elle avait mieux étudié l’allemand, elle serait vétérinaire, mais l’école germanophone à Berne la rebuta. Elle se contenta de pratiquer l’équitation. Et, plus tard, durant quelques mois, l’équithérapie. Inoubliable : « Chevaux et porteurs de handicap ne trichent pas, impossible de tricher avec eux. » La relation est décidément la grande affaire de sa vie. 

Sensible, émotive, « une éponge », elle perçoit l’état intérieur de ses interlocuteurs et en prend soin : « Je m’efforce de trouver dans la tristesse des personnes en détresse une force, comme ceux qui transforment leur indignation en engagement. » Dans son ministère, elle a aimé la catéchèse, non livresque, créant avec des ados un plateau de jeu élaboré, style heroic fantasy. Elle aime « travailler en groupe, coaliser les énergies, construire […]