Environnement

AgroParisTech : la fronde de certains étudiants

Durant la cérémonie de remise des diplômes, des étudiants de la prestigieuse école d’agronomie ont fustigé leur formation, refusant les “jobs destructeurs” qui leur sont destinés.

Un contenu proposé par Le blog de Camille Verdi

Publié le 18 mai 2022

Auteur : Camille Verdi

Ce n’était pas prévu. Pour l’école, du moins. Le 30 avril dernier, lors de la remise des diplômes des étudiants de l’AgroParisTech, huit jeunes diplômés ont appelé leur promotion à changer de voie, rapporte Libération. Une vidéo de la cérémonie, postée sur Youtube le 10 mai, cumule près de 800 000 vues. 

Ces frondeurs de l’AgroParisTech se font appeler “des agros qui bifurquent” et dénoncent leur école dont la formation participe “aux ravages écologiques et sociaux en cours”. Puis ils énumèrent : “Nous ne voyons pas les sciences et techniques comme neutres et apolitiques. Nous pensons que l’innovation technologique ou les start-up ne sauveront rien d’autre que le capitalisme. Nous ne croyons ni au développement durable, ni à la croissance verte. Ni à la « transition écologique », une expression qui sous-entend que la société pourra devenir soutenable sans qu’on se débarrasse de l’ordre social dominant.”

“Refuser de servir ce système”

En somme, ils appellent leurs camarades de promo à “déserter” les “jobs destructeurs” qui nuisent “en servant les intérêts de quelques-uns”. Comment bifurquer ? “Commencer une formation de paysan-boulanger, partir pour quelques mois de wwoofing, participer à un chantier dans une ZAD ou ailleurs, rejoindre un week-end de lutte avec les Soulèvements de la Terre ou encore s’investir dans un atelier de vélo participatif”, soutiennent les étudiants. 

Ce discours est loin d’être passé inaperçu. Jean-Luc Mélenchon, le leader insoumis a tweeté : “Écoutez ça. L’espoir le plus grand. Que la nouvelle génération ‘déserte’ le monde absurde et cruel dans lequel nous vivons”. Cité par Le Monde, le chercheur François Gemenne, de l’université de Liège, et par ailleurs contributeur pour le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), salue également sur Twitter un “discours d’une exceptionnelle puissance”. Et d’ajouter : “Dans toutes les grandes écoles et universités, il y a quelque chose qui est en train de se passer.

À vous qui sentez un malaise monter sans pouvoir le nommer. Qui trouvez souvent que ce monde est fou. Qui avez envie de faire quelque chose mais ne savez pas trop quoi. Ou qui espérez changer les choses de l’intérieur et n’y croyez déjà plus vraiment. Nous avons douté, et nous doutons parfois encore. Mais nous avons décidé de chercher d’autres voies, de refuser de servir ce système et de construire nos propres chemins”, clament ces “agros qui bifurquent”. 

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