Anatomie de l'oppression

Anatomie de l’oppression

L’ouvrage des deux membres fondateurs des Femen ne peut laisser personne indifférent. Au-delà de la critique des religions et de leur machisme, l’ouvrage questionne sur la foi, l’identité.

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Publié le 12 septembre 2017

Auteur : Christophe Jacon

Comme il était possible de s’y attendre, les pages que nous livrent Inna Schevchenko et Pauline Hillier, connues du public pour les actions qu’elles ont menées en France et ailleurs au nom de l’organisation féministe Femen, sont tout à la fois poignantes et irritantes. Poignantes car elles s’inscrivent dans une lutte pour laquelle elles ont souffert, croyant même parfois leur dernier instant venu.

Chasser la haine par la porte…

Mais le livre des auteures est aussi profondément irritant. S’il est possible de les rejoindre sur leurs critiques des religions, la charge est cependant trop lourde pour pouvoir être partagée. Elle est surtout « à charge », sans nuances et faisant preuve souvent d’une inculture religieuse profonde. Les propos, pour tout dire, transpirent la haine des religions (mais peut-être aussi de l’homme en soi, ce qui est plus grave. On ne remplace pas une haine, celle contre les femmes, par une autre). Les auteures parlent en effet « des religions ». Elles critiquent l’islam sans faire de distinction aucune entre ses multiples branches. De même pour le christianisme. Leur critique sur l’accession au « ministère », par exemple, tombe pour certaines dénominations protestantes, anglicanes et même certains courants dissidents catholiques américains ! Pire : quand elles évoquent l’Écriture, les citations ne retiennent pas les passages (comme celui de Jean 8) qui pourraient permettre de modérer leurs invectives.

Acquérir une identité, une liberté

Le livre des auteures rejoint toutefois profondément deux convictions protestantes. D’abord, elles critiquent fortement la religion. Un propos jubilatoire, il faut bien l’avouer ! La religion, les institutions, les dogmes appartiennent à l’humanité. Ils sont fragiles, faillibles, critiquables, révisables. Seule la foi est importante, comme elles le notent : « aux croyantes et aux croyants, nous voulons dire que la foi peut se libérer du poids de la religion et de ses institutions » (p. 257). Reste à savoir le contenu de cette foi… La page suivante ne laisse guère de doute : c’est la foi en soi qui est à privilégier ! Ensuite, Inna Schevchenko et Pauline Hillier critiquent toutes formes d’oppression. Elles revendiquent la liberté, dénoncent toutes les chaînes, les entraves que la société machiste glisse aux pieds des femmes. Cette revendication a un côté luthérien. Mais un côté seulement. La liberté qu’elles revendiquent est « sauvage », prête à l’assaut décisif, à la conquête au nom de l’indépendance : totale, de tout et de tous. La liberté luthérienne, au contraire, se reçoit, d’un autre : de l’Autre. Elle se découvre dans l’interdépendance totale de cet Autre qu’est Dieu, révélé en Christ. Elle se vit dans la foi. Cela change tout. Cette liberté reçue procure une paix intérieure et pousse à chercher la paix et la réconciliation. Avec tous et en toutes circonstances.

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